Le long de « Chuysky trakt »

English summary : driving along Chuysky trakt, the main road in Altai, with its nice smooth tar, is a pleasure for Pam. For us also, as the landscapes change significantly and actual mountains start to appear before our eyes. It is also a very touristy place, something we didn’t expect. We even came across a Swiss group driving the Mongol rally ! Our goal was to reach Tchemal for a 2-days hike up the 7 Karakol lakes, situated in a sacred valley. We unfortunately missed the 4WD booked (they didn’t wait for us even if we were early) but we decided to do the hike the other way around. So we walked 28km on the first day, up 1000m among forest, streams and meadows. Luckily there was plenty of food to pick on the way (berries, mushrooms, pinenuts…) that upgraded our deserved dinner. On the second day, the landscape changed radically, and we came to a breathtaking autumn-colored rugged plateau with pointy rocks here and there. There was a guy up there who came to talk to us, but we were still unsure about our way back, so we hurried down to find a camping with a huge military 4WD waiting for us (well, not exactly but oh well). On the way down, the other passengers helped us scream and wave at the driver to stop where we had left Pam. We then headed to Inya, where the brother of Svetlana – whom we met in Novossibirsk – awaited us at his guesthouse. We definitely recommend you to go there if you ever visit Altai : https://www.facebook.com/ZenAltai/ Vasiliy speaks French and probably some English. We were lucky to discover the area through his eyes, hear about the history and cultures of its peoples, and be invited to tea in a traditional « ail » (Altai people’s summer house). We also helped Vasiliy unroot some pinetrees in the forest to protect his land against the very strong wind, were taken to see some 4000 years old petroglyphs, and Sylvain also went paragliding ! We had an awesome time there all in all. Mongolia is only about a hundred kilometers from us now, but before that, we will enjoy the Aktru area where we already have a glimpse of high snowy peaks !

Après cette parenthèse de 10 jours, nous reprenons la route. Nous rejoignons la « Chuysky trakt », une belle route à double sens avec du goudron à peu près lisse. Pam apprécie ! Nous, on apprécie grandement les paysages qui commencent à changer. Toujours beaucoup de forêt, mais des montagnes de plus en plus hautes, qui descendent en cascade dans les vallées. On a été très surpris aussi que cette zone soit très touristique ! Partout le long de la route, on voit des marchés, des étals de souvenirs (samovars, valienki – des espèces de bottes en fourrure, très chaudes et traditionnellement faites mains, même s’il ne subsiste que quelques rares artisans – et autres …), des panneaux « MECTA ECTb » (littéralement « on a de la place »), des KOФE (café), des trottoirs, et même des panneaux touristiques marrons, comme chez nous, et traduits en anglais !

On s’arrête le long de la rivière Katun (2ème plus grand fleuve de Russie) où nous croisons nos premiers touristes européens : des Suisses ! Dans leur petite Fiat 4X4, ils font le rallye mongol (voir ici). On croisera beaucoup de ces petites voitures courageuses et bardées d’autocollants, assez reconnaissables. Nous rejoignons ensuite Tchemal, où nous avons vu qu’il y a des chemins qui vont aux 7 lacs de Karakol, vallée sacrée. Le premier lac étant à 30km du village, nous trouvons un coin sympathique où poser Pam, et partons à la recherche d’infos. Nous parvenons sans trop de mal à trouver un 4X4 pour le lendemain, qui passera nous prendre sur la route (et là, on dit merci aux forfaits internet illimités, Google traduction et whatsApp, moyen par lequel nous avons pu communiquer en russe avec une chauffeuse qui avait mis son numéro dans le café situé au bon virage de la route principale …). Rdv à 7h30 le lendemain, jeudi 29 août.
A 7h20, nous sommes dehors. Sylvain allume son portable pour voir un appel manqué 3 min plus tôt … nous avons un mauvais pressentiment … la chauffeuse répond au téléphone 15 min plus tard pour nous dire que comme nous n’étions pas dehors quand elle est passée, elle ne nous a pas attendus !! Nous sommes sur le c**. Bon … et qu’est-ce-qu’on fait maintenant ? Cela fait un mois et demi qu’on attend de faire une « vraie » rando … on ne va pas laisser tomber aussi facilement ! Nous avons donc décidé de faire notre rando à l’envers : au lieu de prendre le 4X4 à l’aller, faire un tour entre les lacs, et redescendre à pied, on va faire le contraire ! On prend notre courage à deux mains, et on fera 28km le premier jour. Il fait beau, (un peu trop) chaud, ça ne monte pas trop au début. Ca va .. bon, le paysage est invariablement le même, même s’il est beau, on trouve même des bolets (je suis devenue experte dans la chasse aux bolets), des framboises et des pignons de pins sur le chemin. Le soir, on trouve un coin presque plat, il fait doux, on a une belle poêlée de bolets qui améliore nos pâtes à la sauce tomate. Mais qu’est-ce-qu’on est fatigués ! Après une bonne nuit, nous écourtons notre trajet du lendemain (c’était possible, heureusement) pour rejoindre plus rapidement les cols et épargner un peu notre dos. En route, nous repérons des traces qui nous font décidément beaucoup penser à des traces d’ours … mais nous n’aurons pas le plaisir de le rencontrer. Vers midi, nous débouchons sur un plateau tout pelé, les couleurs de l’automne sont déjà là : ocre, rouille, vert pâle, c’est magnifique. Des rochers surgissent ça et là, on a l’impression d’être seuls au monde … ce qui n’est pas vrai, puisqu’on croise un peu plus loin un troupeau de vaches noires (sauvages ?) et un homme qui vient à notre rencontre. On arrive tant bien que mal à avoir un semblant de discussion. On ne comprend pas très bien si et où on peut prendre un 4X4 pour redescendre, alors, on décide de se dépêcher un peu. On arrive dans un espèce de camping au bord du premier lac, il y a des gens, des cabanes et … un super 4X4 militaire ! On arrive à « négocier » le prix qu’on nous avait annoncé en bas, on se voit offrir un thé, le camion est censé partir environ 1h plus tard. Ouf ! On a juste le temps de nous poser un peu et boire notre thé qu’on nous dit de monter dans le camion, dans lequel on attendra 1h. On n’ose pas imaginer sur quel chemin il va passer (car on ne peut décemment pas parler de « route »), et il prend, bien sûr, le plus défoncé ! S’ensuivent 3h30 de bonds et rebonds, à se cogner contre les bords ou contre son voisin (voir SUR son voisin, le camion pouvant être incliné à 30°), le chauffeur décide aussi de rabattre la capote lorsqu’il se met à pleuvoir … Ce dernier était prévenu qu’on descendait un peu avant le virage, mais la cellule étant séparée de la cabine, il nous est difficile de lui dire où. On arrive à mobiliser les autres passagers pour crier et faire de grands gestes lorsque Pam arrive en vue, et ça marche ! Une bonne rigolade et beaucoup de « spasiba balchoy » (merci beaucoup) en somme ! Cette rando aura été difficile mais on est très contents de l’avoir faite !

Dimanche 1er septembre, nous partons pour Inya, où nous attend le frère de Svetlana (voir article « Nos amis les Sibériens »), Vasiliy, qui aménage un terrain depuis 2016 avec de jolis cabanons pour accueillir les touristes. On recommande vivement cet endroit, d’une part parce que c’est probablement le seul dans l’Altay où l’hôte parle français, mais aussi parce que c’est tout simplement magnifique ! Vous le trouverez ici : https://www.facebook.com/ZenAltai/. Vasiliy est un puits de connaissances sur l’histoire, les peuples, les cultures de l’Altai, son terrain est calme et superbement aménagé, notamment, son banya est d’un autre standing que celui qu’on avait déjà testé ! Nous avons passé deux jours à nous reposer, à découvrir cet endroit et ses habitants, pour la plupart Kazakh. Nous avons notamment vu une maison d’été altaïenne ou « Ail » (prononcer « a-ï-le »), celle des anciens propriétaires du terrain de Vasiliy, Arthur et Angela (leurs noms « officiels », je n’ai retenu que le nom altaïen d’Angela, « arc-en-ciel »). Elle est « presque » traditionnelle, car les murs disposés en hexagone sont peints en bleu ciel, et que le foyer est à gauche de l’entrée au lieu d’être au milieu. Angela nous a accueillis avec le sourire, le thé, les gâteaux, le pain et la confiture maison, et nous a offert ses pommes et poires du jardin, ainsi que des pommes de pin fraîchement cueillies (c’est le début de la saison !). Nous avons également aidé Vasiliy à aller chercher des sapins dans la forêt pour protéger son terrain du vent (très fort ici), il nous a emmené voir des pétroglyphes vieux de 4000 ans à bord de son 4X4 japonais doté d’un altimètre, et Sylvain a pu faire un joli vol en parapente.

Bref, on est ravis, on rencontre des gens supers, on voit des paysages magnifiques … Avons-nous été ensorcelés par un shaman ??

La Mongolie n’est plus qu’à une centaine de kilomètres, avant de la rejoindre, nous allons passer quelques jours dans l’Aktru, où se trouve un centre de montagne, et où nous espérons bien voir quelques sommets enneigés …

3 réflexions sur “Le long de « Chuysky trakt »

  1. Bonjour les Globe Trotters ! Encore merci de ce nouvel article : je n’imaginais pas du tout l’Atlaï comme cela. J’avais plutôt l’image d’une région déserte, avec des sommets plus élevés et toujours enneigés…. C’est vraiment formidable de voir ainsi les choses de l’intérieur, loin des clichés « géographiques » ou « touristiques ». On a hâte de « découvrir » la Mongolie de l’intérieur. Bonne route et plein de bises. Christine

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