Altay- dernière semaine en Russie

Ou « quand rien ne se passe comme prévu » …

English summary : nothing went as planned for this last week in Russia ! We try as reasonably as possible to be organised but sometimes even though we are, things – or fate, don’t go as planned, and can even go wrong. As long as it’s not TOO wrong, it’s fine though ! That’s what we learnt from this last week in Russia. We were super excited to arrive in the Aktru zone : 4000m high peaks, actual mountaineering routes, and even a mountain center, the only one in the whole Altay ! Sylvain was starting to feel a bit down when we left Vasiliy – see last article – but we wanted to go there so much that we didn’t pay much – enough – attention. Then, it all started like this : after coming the day before our departure and negotiating with a shop vendor for a 4WD to drive us up, the aforesaid car didn’t turn up. Luckily, we spotted another car going up so it wasn’t so bad. We arrived at the camp, Sylvain plunged into the tent to rest, and I went to find a guide who might take me up some mountain. « Oh – the administrator said – but from tomorrow, there is no guide free, because a group of military men is coming for 2 weeks ! ». Right.. Ok. Well. It wasn’t so bad either as the site itself is wonderful and there are some hikes, and even a climbing site – though we didn’t have the right gear – and a via ferrata that I climbed anyway – safely enough, don’t worry. We wanted to stay for 4 days, but Sylvain wasn’t getting any better, so on the 2nd day we decided to leave. There was a 4WD waiting for some clients, looked big enough for 6 people, so I asked him to take us on. At first, he didn’t want to. « You have to call who brought you here ». Well, I don’t have their number and anyway, there is NO reception ! In the end, he accepted after I talked to his clients – luckily, one of them spoke decent English – and that they saw no reason why we couldn’t go back with them. So in the end, it wasn’t THAT bad. Just annoying. Anyway, the day after, we were in Koch-Agatch, in the hospital (luckily there actually was a hospital !) but apparently there was nothing wrong with Sylvain, so we’re off with a scribbled paper for antibiotics that didn’t surprise the pharmacist. (this is when this article starts to be less cynical) We were wise to wait in town for a few hours (whatsapping and interneting) because at some point, a random guy knocks at the door : « you forgot your migration card at the hospital ». Thank you sir !! We needed to chill out a bit before Sylvain was able to do anything, and slept in a village close to a local attraction called Mars – look at the photos, you’ll understand why. The next morning, a Russian car stops, a man comes out of it, and asks me where is Mars. He spoke very good English ! He and his dad were on a little father-and-son trip, and they looked really nice. So I asked them if I could join (Sylvain would sleep all day) and they said yes ! I had a really nice time with them ! Back to the van, we shared a picnic and Sylvain even felt good enough to join us. Some village kids also hovered around us, glancing at our nice fruits and chocolate, so we gave them some and made them see Pam (they hadn’t seen any car like ours before). So that’s it folks, the tale of our last week in Russia. It was a bit hard, a bit stressful, but, hey, that’s part of the game. It’s been actually 2 months since we arrived in Russia (and already 6 months since we left home). You might wonder, what did we like most ? Here’s our answer : people ! Their generosity and warmth 😊 let’s forget this episode – though learn from it – and go to Mongolia now !

Quand on voyage, parfois, on a beau être organisé, prévenant, avoir des plans, des objectifs, des envies, il arrive toujours un moment où rien ne se passe comme prévu. C’est plus ou moins gênant, plus ou moins grave, ou décevant, mais parfois, l’imprévu nous fait aussi des bonnes surprises et il faut savoir les apprécier.

Nous étions très enthousiastes à l’idée de visiter la zone d’Aktru, où se trouve le seul centre de montagne de l’Altay, des montagnes à plus de 4000m d’altitude, des glaciers, et même des topos que nous avions trouvés sur internet. Nous avions très envie de gravir la Kupol, un mont à 3500m, coté 1B (équivalent F pour les amateurs d’alpinisme) – pas très dur, et de profiter à fond du coin. Nous arrivons à Kuray mercredi 4 septembre, en fin d’après-midi. Sylvain n’est pas au top de sa forme, il a pas mal dormi ces 2 derniers jours, mais il se sent d’aller là-haut, d’autant plus que pour y arriver, il faut mieux louer un 4X4 : 25km de routes cabossées, 500 m de dénivelé, et avec le matériel de camping, celui d’alpinisme, la nourriture pour 5 jours et l’état de Sylvain, on ne se sentait pas de le faire à pied. Nous rentrons dans une petite épicerie sur laquelle il était écrit « Voitures pour Aktru et parking ». C’est bien là qu’on peut se trouver un chauffeur. Nous négocions avec la vendeuse, jeune, rondouillette, et aux traits très asiatiques, qui est souriante et patiente quand nous lui posons 3 fois la question : « Il y aura bien une voiture demain, et nous pouvons laisser la voiture 5 jours derrière le magasin ? ». Question à laquelle nous ne sommes pas tout à fait sûrs de la réponse. Le lendemain matin, à l’heure prévue, le magasin est fermé et pas de voiture en vue. Un peu dubitative, je parle avec le monsieur de l’hôtel (comprendre : des cabanes en bois) d’en face, qui a l’air de faire monter des touristes (russes, mais pas asiatiques) dans des 4X4. Ni une, ni deux, nous avons notre chauffeur, et nous partageons le véhicule avec 3 adultes et 1 enfant, plus le chauffeur. On est serrés, mais pas trop. On ne se sent pas trop coupables, car le prix est plus bas, les volets sont toujours fermés et pas de 4X4 devant le magasin. La route n’est pas très agréable, mais le paysage l’est : on fera la moitié du trajet (1h – 18 km) sur un paysage de steppe, tout plat et sec, avec quelques yourtes par-ci par-là (probablement pas des nomades encore), puis le reste (1h – 7 km) sur des pistes très cabossées (parfois, on se demandait si on allait vraiment passer « là » et … oui !), à se cogner les uns contre les autres, dans des forêts, puis une plaine de cailloux, et enfin, nous remontons la rivière jusqu’à arriver au « Kemping ». La plupart des touristes font le trajet A/R dans la journée, en faisant juste une rando de 9km jusqu’au « lac bleu » (que j’ai rebaptisé : flaque bleue, vous verrez les photos), pour la modique somme de 7000 roubles (100€). Mais ça, on le saura plus tard, et à nos dépens …

On s’installe, et Sylvain file se coucher, il n’est vraiment pas en forme, chaud-froid, fièvre et maux de ventre, mais on ne s’inquiète pas encore, il ne fait pas chaud, le trajet en 4X4 était éprouvant, et enfin, on y est, dans les montagnes altayennes !! Nous avions prévu de faire une sortie avec un guide histoire de se familiariser avec le milieu avant la Kupol, je pars donc au centre Aktru (qui est de l’autre côté de la rivière) où sont sensés se trouver les guides. Je rencontre un des administrateurs, mais malheureusement, il m’annonce qu’à partir du lendemain, le centre est fermé car un groupe de militaires vient pour 2 semaines ! La poisse ! Bon, ce n’est pas pour cette fois alors … Cependant, il me remet entre les mains d’un jeune guide qui me donnera des informations très précises sur la course de la Kupol, je suis rassurée, d’autant plus que c’est Sylvain qui l’avait préparée et que d’habitude je me repose un peu sur lui …

Je pars ensuite faire la fameuse rando, un peu sous la pluie, un peu sous la neige et sous un couvert de nuages, mais ça me fait du bien de prendre l’air et le paysage est magnifique malgré tout. La soirée qui suit sera courte, et la nuit pas terrible pour Sylvain. Le lendemain matin, il fait vraiment très froid, mais il se force à sortir de la tente, on va repérer le chemin pour la Kupol. Ca paraît très faisable et évident, si ce n’est qu’il y a plus de 1000m de dénivelé et une grosse dizaine d’heures selon le guide. Sylvain retourne se reposer dans son duvet, tandis que j’explore les alentours. Je repère un site d’escalade qui a l’air bien équipé et une via ferrata. Malheureusement, on n’a pas ce qu’il faut pour grimper. Je ferai quand même la via ferrata, qui monte au-dessus de la vallée, et offre une belle vue sur les monts environnants (en plus, il fait super beau ce jour-là). La descente est un peu périlleuse, mais en prenant le temps, elle se fait bien. Arrivée en bas, je découvre un Sylvain au plus mal. On décide qu’il faut redescendre dès que possible et qu’on ferait mieux d’aller consulter un médecin, son état ne s’améliore pas, et cela fait 4 jours. Une voiture attend un groupe qui est allé faire la rando dans la matinée, j’essaye de discuter avec le chauffeur (qui bien sûr, ne parle pas un mot d’anglais, mais heureusement Google Trad marche hors connexion – il faut juste télécharger le bon dictionnaire). Je comprends qu’il n’est pas très chaud, il me dit qu’il doit faire l’aller-retour (il est déjà 17h30), ou je dois appeler celui qui m’a emmenée – mais comment je fais, sans numéro de téléphone, et surtout sans réseau ?? Je décide d’aller au camp plus bas, où je trouve des gens, mais pas de voiture qui redescend dans la journée. Je retente ma chance auprès du chauffeur qui attend toujours. J’enrage de voir qu’il a une voiture avec 6 places, et seulement 4 clients, je ne comprends pas le problème. Finalement, je crois comprendre qu’il doit en parler avec ses clients. Ok, je vais les guetter, t’inquiète pas ! Ils arrivent vers 18h, on a déjà replié toutes nos affaires au cas où ils seraient pressés. Heureusement, l’une d’elles parle un peu anglais, et ça n’a pas l’air de leur poser de problème – surtout quand ils voient la tête de Sylvain qui émerge de la tente ! Le chauffeur accepte donc de nous prendre (euh … merci), au final, on n’aura pas payé plus cher qu’un aller-retour normal. Pendant le trajet, on parle entre deux cahots avec les passagers, dont un fait un tour en vélo d’Altai en Asie (pour ceux qui ont Instagram, vous pouvez le suivre sur le compte « altaiasia »). On récupère notre voiture à « l’hôtel », on a l’impression d’interrompre un repas, et le temps de dire ouf, tout le monde est parti ! Le gars a l’air un peu surpris qu’on revienne si tôt (on devait rester 4 nuits, on aura tenu qu’une !), mais on est tellement pressés de se poser dans Pam qu’il n’ose pas nous poser de questions. La nuit sera difficile et angoissée. Le lendemain, samedi donc, on va à Koch-Agatch, à 65 km de là, où se trouve un hôpital. On nous reçoit et nous fait passer assez rapidement. Après des analyses de sang et d’urine, on nous dit qu’il n’y a rien de spécial, et on repart sans rien payer, avec un bout de papier sur lequel est griffonnée au stylo à bille une ordonnance pour des antibiotiques. Ça n’a pas l’air de gêner la pharmacienne, qui me donne le tout après m’avoir demandé confirmation pour chaque médicament (je trouvais ça bizarre, mais tilterai plus tard que c’est parce qu’ils étaient marqués en alphabet latin et pas en cyrillique). Bon … on (enfin, je surtout) s’efforce de ne pas être trop angoissés et de penser que ça suffira. Au centre-ville, on en profite pour se connecter un peu, passer quelques coups de fils … et heureusement, car 2h plus tard, toque à la porte un monsieur, qui me dit que nous avons oublié la carte d’immigration de Sylvain à l’hôpital ! Heureusement qu’on est les seuls touristes avec une voiture française dans le village, sinon, ils ne nous auraient peut-être pas retrouvés ! Il faut dire à ce stade que ce papier est vraiment très important, à ne pas perdre !! En tout cas, cette situation m’aura appris deux mots que je n’oublierai pas : « balnitsa » (hôpital) et « zabouli » (oublié).

On repart donc, et on cherche un endroit où rester et si possible avec quelque chose à voir (même si le paysage est superbe partout), car la frontière est fermée le dimanche, et lundi, elle sera bondée. On nous avait déjà parlé de « Mars », une zone avec des formations rocheuses vieilles de 300 millions d’années, où l’oxydation du fer, au fil du temps, a créé des rayures de toutes les couleurs, c’est à 20 km de là, bingo ! On se trouve un petit coin juste en dehors du village, très tranquille. Après une nuit assez pénible, dimanche matin, je laisse Sylvain dormir. Vers 10h, une voiture s’approche, le chauffeur, qui parle anglais (Hourrah !), s’est perdu, et cherche la route de Mars. Comme il m’a l’air très sympathique, je lui demande si à tout hasard, je peux me joindre à eux. Il y a 7km de piste, et je ne suis pas sûre de vouloir infliger cela à Sylvain et à Pam, et en plus, ça me permettra de ne pas faire la visite seule, en espérant que mon instinct soit bon, je pense que ce monsieur et son papa, originaires de Bisk, pourraient être de bons compagnons. Il n’hésite pas un instant, et accepte ! Super !

Nous arrivons au parking, où deux locaux veulent de nous vendre des photos avec les meilleures vues du site au lever du soleil, ainsi qu’un tour en jeep vers « le plus beau point de vue du site ». Je suis mes nouveaux amis, qui acceptent le tour en jeep. Il est vrai que c’est très beau. On est un peu loin de la paroi la plus belle, zébrée de plusieurs couches de couleurs différentes, représentatives des ères géologiques qui ont traversé cette zone. On a 10min pour prendre des photos, et il n’y a pas d’explications. On redescend, et on est libre de divaguer dans tout le site, c’est vrai que c’est beau ! On passe plus de temps à discuter voyages qu’à essayer d’en savoir plus sur le site, mais ils sont vraiment sympas tous les deux. Nous nous quittons après un pique-nique de retour au camion, Sylvain a même l’énergie de se joindre à nous ! Des enfants du village viendront aussi tourner autour de nous, nous demander des bonbons, de la nourriture, et aussi s’émerveiller devant Pam. On a l’impression qu’ils pourraient rester tant qu’on ne leur aura pas dit de partir, alors on replie bagage, non sans que nos amis russes aient rempli notre frigo avec les légumes et fruits de leur jardin, et chacun reprend sa route. Une très belle rencontre, fruit du hasard, et une belle journée de visite en plus de ça ! Ce soir également, nous rejoindrons peut-être un couple Suisso-polonais-canadien-russe rencontré par hasard dans les rayons d’un supermarché …

Voilà, ce fut une dernière semaine en Russie (avant la prochaine fois, dans 1 mois !) un peu difficile, un peu frustrante et angoissante, mais si l’état de Sylvain continue de s’améliorer, et c’est ce qui se profile, on devrait pouvoir tenir notre programme, et passer la frontière mongole mardi 11. En attendant, on y va mollo et on profite du beau temps !

En tout cas, pour cette première étape de 2 mois en Russie (et 6 mois déjà depuis notre départ de Grenoble !!), on KIFFE, et si vous vous demandez ce que nous avons le plus aimé, c’est sans hésiter : l’amicalité et la générosité des Russes ! Une fois le premier contact établi, ils seraient « prêts à nous donner leur chemise », si je reprends une expression, très célèbre, de ma maman !

3 réflexions sur “Altay- dernière semaine en Russie

  1. Article super intéressant comme d’habitude nous espérons que l’état de Sylvain va s’améliorer très rapidement afin que vous puissiez continuer votre aventure sans encombre
    Mais nous sommes tout à fait optimiste Le Roseau et une bonne race du Nord pratiquement invincible allez bonne route gros bisous Frédéric et Marie-Christine

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  2. Encore un compte-rendu passionnant et magnifique ! Mais ma première question concerne l’état de santé de Sylvain : comment va-t-il ? avez-vous une idée de ce qu’il a attrapé ? Bon courage et surtout bon rétablissement ! Plein de bises. Christine

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  3. Encore un récit de voyage passionnant et de superbes photos! Mais on imagine votre inquiétude face à l’état de Sylvain. Bon, cela a l’air de s’arranger. On croise les doigts pour que le rétablissement soit rapide et définitif.
    Bises des 4 Durand

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