Consommer en Russie

Ceux qui me connaissent bien savent que l’alimentation et mon mode de consommation sont très importants pour moi ! Aussi, j’essayerai de rendre au mieux compte de mon expérience dans chaque pays traversé. Tous les commentaires ci-dessous sont basés sur mon expérience et mes impressions très personnelles, sans aucune prétention d’exhaustivité ni d’exactitude ! Les précisions et informations que vous apporterez seront les bienvenues.

A première vue, la question environnementale en général ne semble pas être une priorité politique en Russie. Cela fait seulement 6 ou 7 ans, notamment avec les JO de Sochi où la Russie s’était engagée à créer un événement « zéro déchet » et a été pointée du doigt pour ne pas avoir tenu sa promesse, que la population, et du coup le gouvernement, commencent à prendre la question au sérieux. Cependant, comme on le dit, il ne faut pas se fier aux apparences, car de manière générale, le lien à la terre est beaucoup plus fort que par chez nous : beaucoup de Russes ont une « datcha », maison d’été datant de l’époque soviétique, où ils cultivent un potager, et la cueillette nous a paru très répandue (à la bonne saison, bien sûr). On croise nombre de fermes proposant (plus ou moins explicitement) des produits maison et frais.

Production locale, production bio

Il est complètement possible de s’approvisionner en produits frais locaux, car il est très courant d’avoir, dans sa datcha ou maison de campagne/d’été, un jardin. Les personnes retraitées notamment y consacrent en général beaucoup de temps. Selon la saison et la région, on peut trouver des concombres (les fameux cornichons « à la russe »), tomates, poivrons, pommes, prunes, poires, oignons, patates, miel, œufs, produits laitiers (lait, « tvorog » genre de ricotta, fromage frais), poisson (à l’étouffée, c’est délicieux !), conserves en bocaux mais aussi girolles, bolets, pignons de pins (non décortiqués) et une multitude de baies ramassés dans les forêts. En hiver, c’est probablement plus compliqué … Pour l’anecdote, on peut aussi acheter des pneus de vélo, du diesel (non recommandé), des chaussures en moumoute et des cerfs-volants au bord de la route, mais c’est une autre histoire …
Dans les villes, et les marchés de ville, difficile de savoir ce qui est local et ce qui ne l’est pas, car ce n’est pas toujours écrit et il faut connaître le nom du pays en russe …

Pour le sec, à part les patates/oignons, c’est un peu plus compliqué car peu de personnes les produisent eux-mêmes et beaucoup de produits sont importés des anciennes républiques soviétiques et des pays au sud : Kirghizistan, Ouzbékistan, Tajikistan, Israël, Bulgarie …

Fait d’importance : des sanctions ont été prises contre l’Union Européenne, et un certain nombre de produits frais (notamment le fromage, le beurre …) sont interdits à l’importation ! A notre grand regret …

Au niveau du bio et des règles le concernant, vu notre niveau de russe, il était difficile de poser ce genre de questions aux personnes à qui nous achetions des aliments ! Nous aimons à penser que les « babuchki » (personnes âgées) qui vendent au bord de la route n’utilisent pas de produits chimiques, mais nous n’en avons aucune idée. Dans les grands magasins, il y avait quelques rayons de produits bio, souvent importés, mais en Russie même, ça ne semble pas très développé.

Faire ses courses

Il est assez notoire que les « babuchki » (grand-mères), mais aussi bien sûr des jeunes et des messieurs, vendent les produits de leur jardin ou de leur cueillette dans les villages ou sur le bord de la route, sur un tabouret et piquant du nez parfois. Il y a aussi des petites cabanes dans lesquelles fument des samovar, signe que du poisson est en train de cuire ! Dans les villages, on tombe parfois sur un panneau écrit à la main, il suffit de pousser le portail de la maison pour se retrouver directement dans le jardin et acheter ce qu’il y a à acheter. A part parler couramment russe (ce qui n’est pas notre cas), impossible de savoir quand ont été cueillis/ramassées/récoltés les produits, ni comment ils ont été cultivés ou conservés. En général, on apporte ses contenants et sacs, mais certains sont équipés de sacs plastiques.

Dans les villes et en campagne, on croise parfois des camions débordant de pastèques, melons, et autres produits importés, il suffit de trouver le chauffeur et le tour est joué. Nous avons aussi vu dans l’Altay des cabanes où étaient vendues des patates.

Et dans les supermarchés, on trouve de tout évidemment, et notamment le pain (les boulangeries n’existent pas vraiment). En ville, et parfois en campagne, ils sont ouverts 24h/24. Les commerces sont globalement ouverts assez tard, et tous les jours de la semaine. Les épiceries de village s’appellent « Produkty » (ПРОДУКТbI) ou « MAГAЗИН » (magasin).

Sinon, si vous rencontrez des Russes et sympathisez avec eux, ils se feront un plaisir de remplir votre panier avec les produits de leur jardin, dont ils sont fiers !

Sortir et manger dehors

En Russie, les prix sont bien moins élevés en moyenne que la France, la Norvège et la Finlande. Dans les marchés, on peut manger et boire des produits du monde entier pour quelques euros, et il faut compter 10-15€ pour un bon petit resto (boisson, plat, dessert). Si on a un budget très serré, on peut aller dans les « stolovaïa » (CTOЛOBAЯ), genre de cantine, où on mange pour quelques euros, souvent une soupe et un plat simple. Les restaurants ouzbeks ont bonne réputation, pour leurs plats généreux et bon marché. Il y a pas mal de brasseries qui font leur bière, qu’ils vous vendent dans des bouteilles en plastique de 2l.

Nous sommes allés dans un resto ne travaillant qu’avec des producteurs locaux, et ce n’était pas la même : 22€ pour deux pintes et quelques blinis élaborés pour l’apéro.

Manger ce que la nature nous offre

J’ai été servie en Russie ! En été, c’est la période des baies (mais aussi des moustiques). On voit souvent des voitures arrêtées sur le bord de la route, et le dilemme était de savoir s’il fallait s’arrêter là parce qu’il y avait des choses à cueillir, ou s’il fallait continuer, car il n’allait plus rien rester ! On peut trouver dans beaucoup d’endroits des pommes, myrtilles, framboises, cassis et groseilles. Nous nous sommes fait de bons desserts, mais aussi des coulis et des confitures. La pêche n’est pas interdite (je n’irais pas jusqu’à dire autorisée partout). Et les connaisseurs peuvent aussi trouver quantités de champignons … On peut également ramasser des pommes de pin, des oignons sauvages, et probablement un certain nombre de plantes, mais je ne m’y connais pas assez pour pouvoir en faire un exposé ici !

Le tri et les emballages

Le tri n’est généralement pas fait (du tout, même le verre) mais il existe des points de collecte répertoriés sur le site www.recyclemap.ru, créé par Greenpeace, pas très facile d’utilisation … Dans certains grands centres commerciaux nous avons trouvé des poubelles pour le verre et le plastique. De façon générale, je dirais que les Russes ne sont pas très sensibilisés à la question du tri et des déchets, vu le nombre de poubelles sauvages, débordantes, que l’on a vues dans la nature et en ville …

Par contre, assez souvent, les petits vendeurs de bord de route ou à domicile ne proposent pas d’emballage.

J’ai été impressionnée par le rayon vrac chez Auchan (oui oui, Auchan de chez nous, présent dans toutes les grandes villes !) pour un très grand nombre de produits : céréales, féculents, légumineuses, thé, café, sucre, farine, céréales de petit déjeuner, fruits secs, noix, gâteaux salés/sucrés, confiseries, et même le surgelé (il ne faut pas être trop sensible à la chaîne du froid cependant …) ! C’est plus compliqué pour le frais, mais la viande et fromages sont généralement disponibles à la coupe. Evidemment, ces produits ne représentent qu’une infime partie de ce qui est vendu, mais ces rayons sont étonnamment très fréquentés (même si la plupart des gens utilisent des sachets en plastique disponibles à volonté).

Le plastique et tout ce qui est à usage unique restent très largement utilisés. Il faut savoir que le plastique n’est arrivé en Russie qu’après la fin de l’URSS, et selon mes lectures, serait encore perçu comme un signe de modernité et praticité, les vieux sacs en tissus cousus main étant un peu démodés … c’est drôle comme c’est totalement le contraire chez nous !

Les produits qui nous ont marqués

Kvass et akrotchka : le kvass est une boisson maltée faite à partir de pain. « Comme de la bière mais sans alcool, les enfants adorent ! » m’a-t-on dit. Il sert aussi de base à la salade « akrotchka », composée de concombre, cervelas, oignons et herbes.

Pelmeni : ces raviolis sont déclinés à toutes les sauces et toutes les formes, très populaires car faciles et rapides à cuisiner. Avec de la bonne crème sure, c’est parfait !

Pirog/pirojki : tartes, tourtes, « pie », elles peuvent être farcies au chou, aux champignons, au fromage, aux pommes ou autres fruits …

Borsch : la très célèbre soupe est effectivement grandement consommée, faite avec du chou, des betteraves qui lui donnent sa couleur particulière, patates, carottes …

Tvorog : un genre de ricotta, lait caillé, qui sert à faire beaucoup de choses et peut se conserver un certain temps.

Fromage « spaghetti » : un fromage très salé, présenté sous forme d’une tresse de spaghetti, que l’on mange généralement avec de la bière.

Les petites pommes de Sibérie : elles sont minuscules, rouges/roses et très âpres ! On les mange en confiture, entières, avec des agrumes.

Et enfin, quelques faits notables …

Les horaires des repas semblent assez aléatoires, surtout dans les zones où la routine « métro, boulot, dodo » n’est pas de mise. Le petit-déjeuner peut être sucré comme salé.

Les galettes de patates peuvent être salées comme sucrées. Avec du tvorog, de l’œuf, et au choix, du sel ou du sucre, c’est délicieux !

L’eau du robinet n’est pas potable ! Il y aurait des traces de Giardia dedans … En revanche, en Altay notamment, on trouve un grand nombre de sources, marquées par des morceaux de tissu accrochés dans les arbres (on n’avait pas de doutes jusqu’à ce que Sylvain tombe malade, mais il n’est pas avéré que ce soit la faute de l’eau). En montagne aussi, on trouve beaucoup de sources.

La chaîne du froid n’étant pas vraiment régulée d’après ce que j’ai compris, la date de péremption n’est pas toujours indiquée ! Ça fait peur au début, mais c’est normal.

Une réflexion sur “Consommer en Russie

  1. A table ! A table ! On a vraiment envie de gouter plein de choses en lisant votre bel article. Il semble probable que les choses soient moins colorées et variées en hiver ; il faut donc profiter de « la belle saison » … il y aura toujours du thé bouillant lorsqu’il fera -40 degré ! On a hâte de faire la découverte de vos impressions sur la Mongolie, et sa gastronomie. Bonne route et bonne santé ! Bises ! Christine

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s