La Mongolie kazakhe

English summary : Sylvain finally got better after crossing the Mongolian border and a short visit at Olgiy hospital. The 4,5 hours border crossing went well, despite a somehow suspicious check on our homemade cosmetics and a minibus with 10 Kazakh people in front of us. Right after the sign « Mongolia » was a dirt road.. and we got jammed in a steep snowy road, but after changing the front tyres with the help of Russian and Korean guys, Pam hit the road again bravely. We managed to postpone our 5-day tour in Tavan Bogd national park, so we had time to rest and take care of Sylvain’s health. On the 14th of September, Sido managed to have a ride to the Eagle festival held closeby, a very touristy though impressive event organised by a tour agency (there is a much bigger one in October). The next day, we left with a 4WD, a driver, a guide and a cook to the park. A long drive, but the landscapes were really the Mongolian-type : hilly, nodoby at sight except for a few « gers » (yurts), horses, camels and goats running free, local sheperds on motorbikes, and the horizon far, far away. Unfortunately, because of the fog and a snow storm, we couldn’t hike up the Malchin Peak, which was the only actual hike of the trip. We thus drove down to Khotton lake and short-hiked to a waterfall, then another day of driving back to Olgiy, with a short visit to an Eagle hunter’s family, to learn that he had run off to a mini private Eagle festival organised by another agency. However, we had a good time chatting with his father and 3 year-old son who was proud to show us his trainee falcon. Back in Olgiy, we see again the Dutch couple we had met at the foot of Malchin Peak, they will be travelling with us to the East and hopefully into the Gobi desert…

Mardi 10 septembre, ma santé s’améliore et j’en profite pour rassurer la famille et les amis. Peut-être un peu rapidement car, si je me sens beaucoup moins faible, un gros mal de ventre commencera le soir même… Sido a croisé des gens parlant français dans un supermarché, l’objectif du midi est donc de réussir à les voir et avoir un peu le temps de discuter, ce qu’on réussit à faire après l’échec de la veille où aucun des couples n’avait de réseau téléphonique ! Nous voilà donc à 4 dans Pam’ à partager notre repas du midi : les deux habituels, et nos invités : Snejana (Russo-Canadienne) et Nicolas (Polono-suisse). Encore une belle rencontre avec ces résidents suisses qui passent leurs vacances dans la famille de Snejana et qui en profitent pour découvrir l’Altaï russe. Des profils encore différents, qui trouvent leur équilibre entre temps partiel et le montage de leur entreprise (vente de chocolat bien sûr, pour rester bien « cliché »), et reprise d’études… On se quitte dans l’après-midi avec la promesse de se revoir en Suisse.

Mercredi 11 septembre. On a beau avoir décalé le départ de notre tour guidé en Mongolie, il va bien falloir la passer cette frontière. On change de tactique puisque mon mal de ventre me poursuit : plutôt que d’essayer d’arriver à la frontière avant tout le monde (=6h à la grille alors que les bureaux n’ouvrent qu’à 9h), nous prenons la route tranquillement le matin et arrivons sur les coups de 11h30. Le premier poste russe se passe plutôt bien, la fouille du véhicule est faite par un douanier sympathique qui ouvre tous nos placards mais ne nous demande pas de les vider : ouf ! Le seul bémol est qu’on est arrivé juste après un mini-bus kazakh, ses 11 passagers (mais comment rentrent-ils tous ces gens !) et leurs bagages (mais comment…). On aura mis 1h30 pour passer ce premier contrôle, ce qui est tout à fait correct. Les douaniers étaient cordiaux, et l’organisation assez claire. Après 25km de « no man’s land », nous arrivons au second contrôle russe : un rapide contrôle des tampons sur nos passeport, et la grille vers la Mongolie nous est ouverte. C’est d’ailleurs à cet endroit précis que l’asphalte s’arrête : bienvenue en Mongolie ! Enfin, après quelques kilomètres de pistes, nous voilà au contrôle mongol. Ca a l’air d’être autre chose… les grilles sont pour l’instant fermées, quelques voitures attendent devant nous et regardent (comme nous) les douanières et leur chef militaire au grand képi ramasser les ordures et les brûler… pourquoi pas ! Puis la grille pour les véhicules en sens inverse s’ouvre. Ne sachant pas trop quoi faire, nous passons par là, et demandons à une douanière, qui prend nos passeports, nous demande des informations sur la voiture et nous fait remplir des papiers… on ne serait pas en train de griller tout le monde là ? En fait non, le temps de remplir les papiers, les autres passent également… Puis, après une « désinfection » express du van (50 roubles, 0,75cl d’eau savonneuse sur Pam’), nous allons vers la douane. On se gare, une première « fouille » du camion prend environ 3 minutes (je crois qu’ils ont un peu la flemme quand on ouvre le camion et qu’ils voient tous les placards), on fait contrôler nos passeports, tout est bon, youpi ! Retour au camion, mais non non non, une femme revient nous chercher, il faut encore passer par deux bureaux, vides, puis une seconde fouille du camion est faite : la douanière cherche un peu plus, et semble s’inquiéter surtout pour ce qui est médicaments. Pour ne pas trop la stresser, les huiles essentielles seront « du parfum » et les autres choses qu’elle a trouvé « du maquillage ». Bref, à 16h, nous quittons le poste de douane mongol et commençons la route. On se fait rapidement arrêter par une femme peu sympathique qui nous « force » à prendre son assurance (qui est effectivement obligatoire). On fait également un peu de change et on achète une carte sim. Puis on roule encore 1h30 sur la piste avant d’aller tout droit au milieu d’une steppe pour y passer notre première nuit. Il fait froid, je suis très fatigué par la journée et mon mal de ventre ne veut pas passer…

Jeudi 12 septembre, au lever, c’est tout blanc. Il a bien neigé cette nuit. Pour la première fois, Pam’ tousse au démarrage, probablement à cause du froid. Objectif de la journée : foncer à Olgii (ville de départ de notre tour) et se requinquer dans un hostel pendant les 2 jours qu’il nous reste. Rapidement après le départ, la piste se transforme en route en asphalte, et nous pensons avaler les 70km en 1h. Mais il y a un col à passer, où la route redevient piste sur 4km, et où les pneus neige de Pam’ patinent. C’est sûr qu’ils ont quand même roulé plus de 20 000km et qu’ils sont vraiment tout lisses … On croise des russes et coréens qui nous donnent un coup de main pour mettre nos deux pneus neufs à l’avant (très sympa, merci !), et Pam’ continue la route sans aucun problème. On est vraiment des supers mécanos ^^ On arrive à Olgii, on se trouve un hôtel, petite consultation à distance avec une amie médecin dans l’après-midi et je commence à me soigner. Toujours un terrible mal de ventre.

Vendredi 13 septembre, après une nuit blanche très douloureuse, nous demandons à la patronne de nous accompagner à l’hôpital, ce qu’elle fait très gentiment. Une jeune médecin parlant anglais s’occupe de moi, me fait passer tout un tas d’analyses, nous parle de pneumonie, fait venir 2 médecins/chirurgiens spécialistes du ventre, et tout concorde : je n’ai rien ! Enfin, rien de grave : 2 perfusions, un médicament et ça va beaucoup mieux. Bien sûr, il a fallu se « battre » pour avoir accès à LA toilette de ce côté de l’hôpital, qui était dans la chambre de deux messieurs mal en point, mais on gardera ça en mémoire comme « faisant partie du charme du pays ». En attendant, je sors de là au mieux de ma forme depuis 10 jours, ça fait plaisir. D’ailleurs, en passant la douane, on s’est pesé avec Sido, j’ai perdu 9kg en 6 mois… (Sidonie reste à son poids de forme !)

Samedi 14 septembre, Sido va voir un festival des « chasseurs d’aigles » pendant que je me repose en prévision de notre départ le lendemain. Une attraction très (trop) touristique, où l’objectif semble être de prendre le maximum de photos « exotiques » des chasseurs, habillés de fourrure, très élégants. Le programme de la journée : course entre un cavalier et une cavalière (qui, au lieu de fouetter son cheval, fouette son adversaire), tir à l’arc, course sur le cheval sans en tomber pour attraper des petits drapeaux rouges disposés par terre, appel des aigles par les chasseurs du haut de la colline, et, cerise sur le gâteau, duel de cavaliers pour une chèvre décapitée … les touristes apprécient, Sido est un peu perplexe. Pour cette journée, elle était accompagnée de Inge et Helena, australienne et hong-kongaise, rencontrées la veille à l’hôtel, ainsi que Matt, un motard anglais un peu déjanté. Nous nous rejoignons le soir pour rencontrer notre guide (Gabi) qui doit nous montrer l’hôtel où nous restons. Ce sera finalement sa femme qui nous y emmènera, avant de faire le point sur l’itinéraire avec Gabi et lui donner plus de deux millions de tugrik en coupure de 20 000 et moins !

Dimanche 15 septembre, ça y est, c’est le grand jour ! Après un bon petit déjeuner, préparation du sac en prévision des froides soirées et des randonnées, nous découvrons notre équipe : Asim notre cuisinière (tante de Gabi), Janka notre chauffeur (oncle de Gabi) et Doggi (meilleur ami de Gabi) notre guide anglophone, et notre 4×4. Tous ont l’air gentil, et après avoir garé Pam’ à l’abri chez la mère de Gabi (qui nous invite également pour le thé) nous partons tous les 5. On sort rapidement de la ville, et en 10 minutes, on se retrouve sur les pistes, traversant une steppe, puis zigzaguant entre les montagnes. Il faut reconnaître qu’on aurait du mal à passer par là avec Pam’. Après quelques heures de conduite, nous nous arrêtons au bord d’une rivière pour manger : table et chaises de camping, eau chaude, puis spaghetti aux légumes et à la viande, on ne s’attendait pas à tout ce confort ! Nous continuons la route jusqu’à atteindre l’entrée du parc national Tavan Bogd qui est tout à l’ouest de la Mongolie, coincé entre la Russie et la Chine. Arrivés à 3 yourtes, nous nous arrêtons. Deux hommes cagoulés arrivent à moto et discutent avec notre guide : nous dormons là pour la nuit. Quelques lits peuvent être utilisés dans la yourte. Asim se met au travail : elle nous prépare le goûter (thé, café, pain, beurre, confiture, biscuits…), puis va ramasser des bouses de yacks pour faire un feu dans le poêle, avant de préparer le dîner. Nous partons tous les deux marcher en direction d’une montagne repérée un peu plus loin. La lumière est belle en cette fin de journée, la neige recouvre quelques sommets qui nous entourent, on en profite.

Lundi 16 septembre. Après une nuit fraîche, et sans ronflement (nous étions tous les 5 dans la yourte), l’odeur des saucisses et des œufs au plat nous me réveille (Sido a eu un peu froid et s’est réveillée avant tout le monde). Nous mangeons tout avec plaisir puis reprenons la route. 3 heures plus tard, nous arrivons au camp de base du « Malchin Peak », sommet de 4300m au bord de deux impressionnants glaciers. Nous devions atteindre le camp avec des chevaux, mais Gabi nous a prévenu qu’il faisait trop froid pour ça. Nous rencontrerons finalement plusieurs groupes, venant soit seuls à pied, soit avec un guide et des chevaux, voire même avec un chameau, ça nous a l’air tout à fait faisable et sommes un peu déçus de ce changement de dernière minute. En tout cas il fait très beau, et le campement est magnifique, dominant le glacier et en face de plusieurs montagnes dépassant les 4000m. Nous rencontrons un couple de Néerlandais qui font 7 jours de randonnée avec un guide et prenons le thé avec eux, puis nous randonnons (toujours seuls) aux alentours. Doggi, notre guide, nous apprend quelques mots de kazakh. Car oui, dans cette région Bayan-Olgii, 90% des habitants sont Kazakh et musulmans, et ne parlent donc pas mongol. C’est d’ailleurs très dépaysant en ville d’entendre les appels à la prière depuis les mosquées. Doggi et Janka nous apprennent également à jouer au « poker chinois », mélange de « président » et de « poker ».

Mardi 17 septembre. Nous nous levons à 6h, mais les nuages arrivent. Le temps de prendre le petit déjeuner, il se met à neiger. Mais ça fait trop longtemps qu’on veut randonner pour que ça atteigne notre motivation, nous commençons donc à marcher, en rencontrant les gens avec qui nous devions monter qui préfèrent attendre quelques heures. Nous prenons notre temps en espérant que ça se découvre, mais la neige est plus forte et les nuages plus épais, et après 3h30, nous nous arrêtons, mangeons quelques raviolis à la viande qu’Asim nous a préparés, et commençons la descente. De retour au camp, nous reprenons la voiture pour quelques 5 heures de route jusqu’à un beau campement au bord d’un ruisseau. Nous découvrons qu’en Mongolie, il y a des arbres ! Ce ne sont pas des forêts à proprement parler, mais beaucoup de bosquets de mélèzes qui ont une belle teinte automnale jaune, contrastant avec les herbes plutôt rouges, c’est très beau.

Mercredi 18 septembre. Nous reprenons la route vers un très beau lac : Khotton Nuur. Encadré de sommets enneigés, nous découvrons des pétroglyphes, puis nous arrêtons dans une vallée (la Suisse mongole, rien que ça) pour randonner jusqu’à une cascade. Il peut y avoir des ours et des léopards des neiges ici, mais nous n’en voyons malheureusement pas. Nous aurions voulu rester plus longtemps et passer la nuit au bord du lac, mais le guide nous emmène plus loin, et nous passons notre dernière nuit… entre deux ponts ! Fatigués par la route, et très déçus par l’endroit, nous en voulons au guide de ne pas avoir été honnête et la dernière soirée est assez tendue.

Jeudi 19 septembre. Nous prenons le chemin du retour, on a pas mal de route à faire pour rentrer à Olgii. La steppe, passant du vert, au jaune, au gris, défile par la fenêtre. Les monts enneigés laissent place à de plus petites montagnes qui semblent être complètement vierges de végétations. Le regard porte loin, très très loin. Vers midi, nous arrivons (après plusieurs détours et avoir interpellé quelques habitants) vers une habitation, 2 yourtes et un bâtiment en pierres (pour l’hiver, les nomades habitent en « dur » dans des maisons en bois ou en pierre) avec un enclos. C’est là que nous devons rencontrer une famille de « Eagle hunter ». Malheureusement, le chasseur n’est pas là. Il est allé à un mini-festival organisé par une agence de voyages dans le village. On discutera avec ses parents autour d’un thé kazakh (légèrement salé et dilué dans du lait de yak), de beignets maison et tout un tas de produits laitiers maison, et son fils de 3 ans nous montrera fièrement le faucon avec lequel il s’entraîne déjà. Nous partons à la recherche du fameux festival, auquel on pourra rester quelques minutes avant de se faire gentiment inviter à aller voir ailleurs, car nous ne sommes pas « leurs » touristes. On a quand même pu discuter avec un chasseur qui entraîne sa fille (on ne sait pas trop si elle sera une « vraie » chasseuse, car selon notre guide, les filles n’ont pas assez de force pour desserrer les serres de leurs aigles, et elles ne pourront être que des « actrices » pour les films sur le sujet). De retour à Olgii, on se fait un dernier resto, en compagnie des deux Néerlandais qui nous accompagneront quelques jours dans le désert de Gobi.

On aura bien apprécié ce tour, même si nous nous sentions un peu fainéants de luxe en voyant arriver des randonneurs qui, pendant 8 ou 10 jours, ont marché jusqu’au pied du Malchin peak et pris leur temps au lac, alors que nous avons fait un condensé de plein de choses en 5 jours seulement. Mais après les deux semaines de galère à faire le tour des hôpitaux dans le stress, ça nous a fait du bien. Si l’on revient, on s’arrangera sûrement sur place avec d’autres voyageurs pour organiser un tour plus lent, plus écologique aussi, vers l’une des montagnes de cette zone très touristique.

8 réflexions sur “La Mongolie kazakhe

  1. Magnifique ! La Mongolie a l’air d’être un pays magnifique ! Encore merci de nous faire découvrir toutes ces belles choses avec vous et un total rétablissement à Sylvain ! Grosses bises. Christine

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  2. Comme d’habitude superbe reportage qui nous fait découvrir une région vraiment magnifique heureux Sylvain que tes douleurs abdominales s’atténuent en espérant qu’elle disparaissent totalement rapidement merci encore de nous faire partager votre voyage c’est un véritable plaisir que de vous lire bonne continuation nous vous embrassons Frédéric Marie-Christine

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  3. D’abord, nous nous réjouissons avec vous que Sylvain va mieux! Ensuite, merci pour vos reportages toujours super intéressants et les superbes photos!
    Bises de New York.

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  4. Coucou, Contente que Sylvain aille mieux … la rencontre avec les hopitaux locaux ne doit pas être le plus exotique du voyage ! Si vous avez besoin, et si vous croyez à ces techniques alternatives … Xav est magnétiseur et peut pratiquer à distance … avec une photo … oui, oui, ce n’est pas une blague ! Vos photos sont toujours aussi magnifique, il a peut être une reconversion à réfléchir … Ici pas de neige, l’été se poursuit, avec des chaleurs et sans eau … enfin si un orage hier, qui permet de faire un lavage de poussière ! Belle continuation et au plaisir de vous lire. Des bises. les Ardéchois

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  5. C’est magnifique ces paysages ! Mais effectivement, où sont les arbres ???
    Bon, j’espère que ça va mieux la santé, bon courage gronono et sido !
    Bises

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