La longue traversée Mongole (+ Gobi)

English coming…

Détail de la traversée sur le site d’Anne et Ruirt qui étaient avec nous du 20/09 au 02/10 : cliquez ici

Vendredi 20/samedi 21 septembre

On quitte Olgiy et la Mongolie occidentale près avoir réussi à ne pas payer l’hôtel (c’était inclus dans notre tour, on n’est pas des monstres), c’est-à-dire, après avoir parlé avec deux personnes de l’hôtel qui ne connaissaient qu’un mot en anglais « Money !  » et appelé 2 fois notre guide.

Nous retrouvons Anne et Ruirt, nos deux potes néerlandais qui sont aussi en voyage, pour un an, en sac à dos. Quelques courses, retrait de liquide, plein d’essence, on se prépare à traverser une partie de la Mongolie. On veut suivre la route principale, qui doit être à priori en asphalte jusque Bayankhongor, puis essayer de bifurquer vers le sud et le désert de Gobi si la route le permet. Pour l’instant, c’est top, ils voyagent à l’arrière et trouvent ça confortable. Le midi, on s’arrête le long d’un beau lac entouré de quelques montagnes enneigées. Deux Kazakhs s’occupant de leur troupeau nous demandent de l’eau sur le chemin, puis nous reprenons la route vers un autre lac… On arrive assez tard, 19h, le soleil est déjà couché, mais la température est bien plus agréable qu’à l’ouest. Première soirée à 4 dans le van, apéro, repas, jeu… Nous leur prêtons la tente et nos matelas.

On a pas mal de route devant nous, on sait que ça va être notre quotidien pendant plusieurs jours. En revenant sur la route, 2 cyclistes nous font signe de nous arrêter … Surprise !! C’est Roman, un Russe qu’on avait rencontré en descendant d’Aktru, quand Sylvain était malade ! Il faisait partie du groupe de touristes ayant loué le 4×4 qui nous a ramené … il nous a rattrapé, et a commencé sa traversée de la Mongolie à vélo avec un ami. Après ces retrouvailles, et leur avoir donné un peu d’eau potable et des barres de chocolat, on repart. Le paysage est de plus en plus plat et sec, on croise un bon nombre de chameaux. Le midi, on s’arrête dans un village pour prendre de l’eau. Personne derrière la vitre de la « water house », mais c’est la pause de midi, alors pas de quoi s’inquiéter. En attendant, on pique-nique sur le parking, au milieu des regards curieux, puis bientôt désintéressés, des villageois. A 14h presque pile, la « water house », un petit bâtiment tout simple reconnaissable à son tuyau qui dépasse sous une vitre, ouvre, on remplit notre bidon, merci, au revoir ! On pensait devoir payer mais non, on s’imagine que cela dépend de l’humeur de la personne et de la tête du client. Nous voilà repartis. Parfois, on tombe sur un pont écroulé, un barrage de cailloux, et il faut prendre une piste pour les contourner. Vu les dates de commentaires sur nos applications de camping-caristes, il se peut que ça fasse plusieurs années que ces travaux n’ont pas été effectués.

On s’arrête non loin d’un village, près d’un ruisseau et de quelques yourtes, pour profiter un peu de la fin de journée. On sort notre auvent « maison » pour la première fois, qui finalement ne nous protège pas tant que ça du soleil qui commence à baisser.

Dimanche 22/Lundi 23 septembre

Finalement, la route qui nous emmène à Bayankhongor n’est asphaltée que sur environ 180 km. Pour les 150 km restants, ce sera de la piste, on n’est pas bien sûrs du chemin. On arrête de temps en temps les voitures qui passent pour vérifier qu’on est sur le bon chemin. Tout le monde semble aller à Bayankhongor, et finalement, on ne sait pas trop si les gens répondent à notre question ou nous la posent aussi. A un moment donné, on double 2 poids lourds, on se demande ce qu’ils font au milieu de la piste. On comprendra assez vite, après s’être ensablés, qu’un des poids lourds était sur le point de tracter l’autre pour passer ce moment difficile. Spontanément, le chauffeur nous contourne par une autre piste de sable et de buissons, et nous sort de là. On le remercie chaleureusement.

Plus on avance, plus on semble s’éloigner de la « route » principale (selon Maps.me). Mais ça a l’air d’être la seule route valable, et de toute façon, c’est la seule où on voit des voitures ! Parfois, l’esprit mouton de Panurge, ça rassure ^^. On campe une première nuit au milieu de nulle part, entre des cailloux peuplés de petites marmottes. Le ciel est clair, mais l’horizon un peu ensablé. Le lendemain, Pam fera sa première traversée de rivière avec brio. On arrive à Bayankhongor sur les coups de 19h, épuisés après ces 2 jours de route éprouvants. Mais Pam a l’air de tenir le coup ! Comme localement, il faut rajouter 1h, on arrive après la fermeture de tous les restaurants de la ville, on mangera des pâtes dans le van, sur le parking de l’hôtel !

Mardi 24/Mercredi 25 septembre

Après de longues discussions entre nous et avec les employés des garages locaux (on a dû changer un joint d’amortisseur et ressoudé le pot d’échappement), on décide d’aller jusqu’à Arvaikheer par une route asphaltée pour rejoindre le désert de Gobi. Un peu de répit pour nous et pour Pam. On prend de l’eau dans un village avant de partir, et un jeune homme nous prête gentiment sa carte qui permet d’actionner la pompe. La Mongolie est un pays très touristique et on rencontre assez régulièrement des personnes qui parlent un anglais basique, c’est sympathique. Dans cette région, les gens sont aussi beaucoup plus souriants (contrairement à ce que nous avaient dit les Kazakhs de l’ouest), les enfants nous disent « Hello ! » sans raison. Arrivés à Arvaikheer, à la station essence, alors que Sylvain entame une longue série de pauses pour retordre la plaque de protection du moteur (qui le protège effectivement mais provoque des vibrations inquiétantes lorsqu’on tape un peu par terre), un couple de Suisses, Dagmar et Tobi, nous aborde. On les envie un peu avec leur 4×4 fait maison, ça en jette ! On se donne rendez-vous un peu plus loin pour pique-niquer. Ils décident de changer leurs plans initiaux et de prendre la même route que nous ! On doit dire qu’on se sent un peu rassurés d’avoir un véhicule comme ça avec nous pour la traversée du désert de Gobi ! Il faut dire qu’au départ, on ne pensait pas y aller, mais plus on se rapprochait, plus ça semblait faisable. C’était quand même un peu risqué avec Pam qui n’est pas très haute (par rapport au sol) et les 20 000 km qu’on lui a déjà mis au compteur, et malgré les réparations déjà faites.

On prend donc la route, enfin, la piste ! On tombe souvent sur de la route en tôle ondulée ou washboard en anglais, les deux expressions étant parfaites pour décrire la route très pénible sur laquelle on avance lentement … en moyenne 15 km/h. Heureusement, on se relaie à 4 pour conduire, 1h, 1h30 maximum, après ça devient trop dur pour les nerfs et la concentration ! Pensant que la route devant nous est la seule, on se trompe et fait un détour. On se demande où sont passés nos amis suisses … finalement, quelques heures et pas beaucoup de kilomètres plus tard, on les voit revenir dans notre direction : ils nous ont attendu pendant 2h, ont fait des tours de l’autre côté de la rivière, et sont finalement revenus sur leurs pas pour venir à notre rencontre ! On dort non loin d’un village, de l’autre côté de la rivière. Peu après notre arrivée arrive un motard. Il a le visage tout bouffi et semble bien éméché. Il nous offre des gâteaux, de l’alcool, et reste un moment avec nous. Impossible de communiquer avec lui, mais on arrive finalement à comprendre qu’il nous invite à dormir dans sa yourte ou « ger ». Se doutant que ce n’est pas une invitation gracieuse, on refuse poliment, il s’en va, non sans emporter la bouteille qu’on avait sortie en guise de remerciement. On s’apprête à préparer le dîner quand arrivent 2 policiers en voiture, ils nous demandent (enfin, plutôt, exigent) nos passeports. Ils commencent à devenir agressifs quand on leur présente des photocopies et finissent par nous arracher des mains 2 passeports qu’on avait fait l’erreur de sortir. Dagmar et Tobi leur disent que leur passeport est à l’ambassade, une excuse à retenir pour la suite. On flippe quand ils mettent nos passeports dans leur poche … mais après pas mal de discussions, un appel à une de leurs « amies » parlant anglais qui nous raccroche au nez, ils finissent par partir, comprenant qu’ils n’obtiendront rien de nous. Une soirée un peu mouvementée qui se finira par un bon repas à 6 autour d’une bière !

Jeudi 26/Vendredi 27 septembre

C’est parti pour couvrir les 75 km qui nous séparent du monastère « Ongiin Khiid », un des points d’intérêts du désert de Gobi. On doit se faire sortir 2 fois d’une rivière par Dagmar et Tobi, décidément, Pam aime bien barboter dans l’eau ! On mettra près de 4h à y arriver, on passe une zone bien sableuse, et des zones plutôt boueuses, mais heureusement pour nous, on est en septembre et la boue a séché. Sinon, on ne serait clairement pas passés … Il y avait peu de touristes jusque là et on commence à croiser quelques voitures d’agences de voyage avec leur guide et chauffeur, qui s’étonnent de nous voir « seuls ». On visite les ruines du temple, construit au 17ème siècle et qui abritait à l’époque plus de 1000 moines. Il a été détruit par les communistes en 1939. Un des temples a été reconstruit, ainsi qu’un petit musée retraçant l’histoire du lieu, un des plus grands complexes à l’époque. Il y a aussi, à quelques centaines de mètres de là, un camp de gers très sophistiqué avec sauna, « beer terrace », massage … on voit qu’on arrive dans les coins touristiques du Gobi. En fin de journée, on reprend la route. La navigation n’est pas facile et on perd plus d’une fois la route principale. A un moment donné, on doit faire 2 km en dehors de toute piste (parfois, c’est d’ailleurs plus agréable que la piste elle-même), et on perd nos amis suisses. On a rendez-vous le lendemain soir dans tous les cas, on se dit que ce n’est pas grave. On campe au beau milieu de nulle part, rien à l’horizon, seulement la piste, des cailloux, quelques « gers » au loin, et des buissons. Le lendemain matin, on croise Dagmar et Tobi qui s’étaient eux aussi perdus ! En fait, ils étaient sur la même route que nous, et nous ont aperçus au loin mais n’ont pas imaginé qu’on soit sortis de « la » route. Ça nous prendra la journée pour arriver à notre prochaine destination, les falaises flamboyantes ! On arrive pile pour le coucher du soleil, après avoir longé la barrière de plots en ciment, dont l’un a visiblement été arraché du sol pour aménager une entrée sur le site (officielle ou non, l’histoire ne le dit pas). Les 4 km qui nous séparent des falaises sont vraiment difficiles, surtout qu’on a envie d’avoir une belle lumière sur les falaises, et on y arrive, sur le fil du rasoir ! Ce sera notre plus beau spot de camping, au pied des falaises, et avec les Suisses qu’on a retrouvés sur le site.

Samedi 28/dimanche 29/lundi 30 septembre

Après le lever du soleil, un peu caché par les nuages, on prend notre temps pour se reposer un peu et faire des photos sympas sur les falaises. Un petit cabri perdu nous tient compagnie, on se fait un peu de souci pour lui car il a visiblement perdu son troupeau. Mais il finit par disparaître en suivant une voiture de touristes allemands qui, on l’espère, l’aura dirigé à bon port. On prend la route en début d’après-midi pour se diriger vers le canyon de glace Yoliin Am, à quelque 90 km de là. On a décidé que ce serait la dernière étape difficile pour Pam, il y a encore des dunes de sable, mais la route nous fait un peu peur ! En arrivant dans un village pour se ravitailler en eau, on croise une guide qui nous propose de nous trouver un chauffeur à Dalanzadgad pour aller visiter les dunes Khongoryn Els quelques jours plus tard. On met encore une fois plus de 4h à faire la route, et on arrive alors qu’il fait déjà nuit ! Il fait toujours bon, mais le vent souffle plus fort. On passe le poste de contrôle en fin de matinée, pour faire les 10km restants jusqu’au parking. On voit qu’on est dans une zone plus touristique car le parking est plein, il y a des stands de souvenirs, et un troupeau de chevaux qui attend les touristes pour traverser le canyon. On se rend compte que ce dernier n’est recouvert de glace seulement jusqu’à la mi-juillet, donc ça ne sera pas pour nous ! La balade est tout de même sympa (on est de toute façon heureux de sortir un peu du camion et faire autre chose que conduire !), le canyon impressionnant, et on peut prendre des chemins pour monter en haut des falaises. On apercevra quelques bouquetins pendant que Sylvain reste faire une petite sieste sur notre coin de pique-nique. On campera un peu plus loin, en espérant croiser nos amis suisses, qui sont allés aux dunes la veille et voulaient rejoindre Yoliin Am en traversant un autre canyon. Après une matinée tranquille à diverses occupations, on rejoint Dalanzadgad lundi midi. On prend l’après-midi pour boire des bons cafés et cheesecakes au Caffe Grande, dire au revoir aux Suisses qui sont plus pressés que nous de remonter vers le nord, rassurer tout le monde sur notre succès dans la traversée du Gobi et chercher un chauffeur pour aller voir les dunes de sable Khongoryn Els. Après quelques coups de fil plus ou moins hasardeux, une guide nous appelle, et nous la rencontrons ainsi que son petit frère qui sera notre chauffeur (et qui, accessoirement, ne parle pas un mot d’anglais). On se met d’accord, et, contents d’avoir trouvé un moyen de visiter ces fameuses dunes, nous allons boire quelques bières !

Mardi 1/Mercredi 2 octobre

On a rendez-vous à 10h30 avec Naggi pour 5h de route vers les dunes. Avant cela, on cherche une station de bus pour Anne et Ruirt qui nous quittent pour rejoindre Ulan-Bataar jeudi. Les gares routières du Lonely Planet et de Maps.me nous emmènent successivement devant une yourte, puis une entreprise qui ne fait pas du tout de transport. Les locaux nous indiquent le bon chemin. Notre chauffeur est à l’heure, allez, c’est parti ! On est un peu gênés car dès qu’il veut nous dire un truc, il appelle sa sœur qui travaille à Dalanzadgad, pour faire la traduction. Il dégaine son portable avant même qu’on ait essayé de communiquer ! La route sera assez longue, avec quelques pauses au milieu d’absolument rien (pas pratique quand on veut faire pipi !). On finit par arriver à un camp de ger (on est impressionnés par leur nombre, on voit que c’est un lieu très touristique …), on ne verra pas la tête des propriétaires du lieu, qu’on est repartis pour s’approcher des dunes. Elles sont vraiment impressionnantes, et on mettra près d’une heure pour arriver en haut. On a de la peine pour les dizaines de Coréens à notre droite qui galèrent à monter leur luge … mais en haut, ils sont tellement hystériques (ou peut-être juste Coréens) qu’on se dit qu’ils ont vite oublié les 40% de pente où à chaque pas, on s’enfonce et recule de moitié … on attendra le coucher de soleil, très beau sur les dunes, à faire de belles photos. A la descente, les dunes « chantent » avec les vibrations de nos pieds sur le sable, c’est assez impressionnant ! On rejoint ensuite notre camp de ger où nous sommes seuls. On nous sert un repas absolument infect qu’on touchera à peine, des nouilles toutes sèches et sableuses avec une viande plus que douteuse et d’anecdotiques morceaux de patates/carottes/oignons, ainsi qu’un thé au goût de gras de mouton … des souris courent dans la yourte … Bref, on est plutôt déçus, surtout que le chauffeur et les propriétaires ont filé, ils doivent dormir autre part … le lendemain matin, le petit déjeuner est à peu près mangeable, et on explique à la guide (au téléphone) qu’on ne paiera pas le prix demandé, elle n’insiste pas. On va faire un petit tour près d’une rivière qui coule en bas des dunes (oui oui !) et une petite dune qui nous offre une jolie vue. Ensuite, c’est reparti pour 5h de route ! On se réconcilie un peu avec le lieu en mangeant de bons raviolis (au mouton, bien sûr) dans un petit bouiboui, et des glaces, dans le seul village sur la route. De retour à Dalanzadgad, on fête notre périple dans le Gobi au champagne !

Bilan de la traversée :
1136 km d’asphalte : 3 jours (vitesse moyenne : 80 km/h)
614 km de pistes : 7 jours (vitesse moyenne : 15 km/h)
10 spots camping de fou
10 bières bues/personne
2 garages visités

2 policiers antipathiques
1 nomade soûl
1 Pam encore en vie (on prévoit des réparations à Oulan-Bator et à
Irkoutsk)
0 pneu crevé
Plein de nouveaux copains

Une réflexion sur “La longue traversée Mongole (+ Gobi)

  1. Toujours aussi passionnant ! On attend toujours la suite avec impatience …. tout en comprenant qu’il ne vous est pas toujours aisé d’écrire et d’envoyer les messages quand on voit les contrées désertiques que vous traversez. Bonne chance pour la suite, avec plein de rencontres sympathiques et … pas d’ennuis mécaniques ! Gros baisers !

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