Un bout d’octobre en Sibérie profonde

English summary : after getting Pam back from the garage, almost ready (we had to check some things ourselves and ask them to fix some things they hadn’t looked through), we started the long road to Vladivostok. We were a bit stressed because, in order to go to Japan, we had to get our Carnet de Passage en Douane, sent on the 15th, and it got stuck at the French customs. Our initial plan was to take the ferry on the 30th but we quickly gave up on that idea. In the end, we found another way to get into Japan with our van, so we’d take the ferry on Nov 6th, just before our visas expire. The road was long, sometimes covered in snow or frost, and we couldn’t really get out of the van except for pee stops and diesels refills. We were happy to reach Khabarovsk a week after our departure. It’s a quite nice city to stroll in, and we even booked a hotel for a bit more comfort (it’s never really fun having to sleep in your car in a city). As we had more time, we drove to the coast of the Japan Sea, where the temperatures were warmer. We could enjoy being outside for a picnic and a small hike to a lighthouse. We arrived in Vladivostok on the 31st of October, where we’ll be staying in an Airbnb until our ferry departure.

Du dimanche 20 octobre au jeudi 31 octobre.

De Irkutsk à Khabarovsk.

Nous partons récupérer Pam’ au garage dimanche matin. En Russie, le dimanche est travaillé dans beaucoup de commerces. Nous retrouvons d’ailleurs les mêmes mécaniciens que lors de notre précédent passage : travaillent-ils tous les jours ? Bien entendu, nous avons essayé d’anticiper le côté « non-communicant » russe en échangeant des messages dans la semaine pour vérifier s’il y avait du changement dans les réparations prévues, ou un problème quelconque repéré. Et bien entendu, contrairement à ce qu’on nous avait répondu, on découvre en récupérant Pam’ qu’ils n’ont pas changé les amortisseurs arrières comme prévu, que les nouvelles suspensions donnent un air de fessier relevé au van, et qu’un défaut sur le préchauffage du moteur apparaît maintenant. Pas bien grave en soi, mais il faut toujours pousser pour avoir des infos… et aussi pour qu’ils corrigent les défauts ! Ils vérifient finalement le préchauffage et le recâblent en 2h. On en profite pour installer les nouveaux pneus à l’avant, et enlever les mauvais de l’arrière. Nous prenons finalement la route en début d’après-midi, avec l’ambition d’arriver le dimanche suivant à Vladivostok et essayer de prendre le ferry pour le Japon le 30 octobre avec les Français rencontrés sur le lac Baïkal. Seule inconnue (au-delà de l’état des 4000km de route !) : le passeport de Pam’ (le CPD – Carnet de Passage en Douane) est bloqué « à la douane » depuis quelques jours, et on ne sait pas s’il arrivera à temps.

Nous roulons en direction de l’est. Nous passons Oulan-Oude et les beaux paysages aux alentours le 2ème jour, mais déjà il commence à faire froid. La route se poursuit en grimpant vers le nord pour contourner la Chine. Les paysages deviennent monotones et aussi gais qu’une journée pluvieuse en Picardie. Tout nous semble brun : l’herbe sèche, les arbres sans feuilles, les maisons en bois, la plupart du temps en mauvais état dans les quelques villages traversés. La neige n’est pas encore là, mais les lacs et ruisseaux sont déjà gelés, et ajoutent un peu de blanc au paysage. Notre 3ème nuit sera la plus froide, probablement vers -5°C à l’intérieur du van. Le matin, nous découvrons une stalactite sur notre robinet, et l’arrivée d’eau propre est gelée. L’eau de nos bidons a aussi une bonne couche de glace, que nous cassons pour nous faire un thé. Les journées restent froides également, et nous sortons très peu, histoire d’aller aux toilettes (dans les bois !) et de prendre du diesel. Parfois de faire quelques courses. Heureusement, on se réchauffe vite quand on roule et le soir, on réussit à garder la chaleur accumulée pendant quelques heures, le temps de manger et de s’installer dans le « canapé » pour lire ou regarder un film. Le 4ème jour, tout est maintenant blanc : une couche d’une dizaine de centimètres de neige recouvre les forêts de bouleaux, les champs. La route, elle, est gelée et ressemble davantage à un miroir. Ca devient plus compliqué de trouver des endroits où s’arrêter car il faut s’aventurer dans de la neige fraîche dès qu’on sort de la route principale.

Dans ces moments les plus froids, nous remarquons plusieurs choses que nous n’avons jamais vu en France et qu’on retrouvera tout au long du chemin. La glace s’accumule tout autour du véhicule : de l’eau est projetée de la route et gèle sur les bas-côtés, autour des roues, formant de vrais blocs. Des places de parking surélevées sont régulièrement proposées au bord de la route : pour vérifier le moteur ? pour enlever la glace accumulée ? toute proposition est la bienvenue ! Nous en profitons pour nous garer sur le côté d’une rampe et nettoyons le panneau solaire, mais je ne pense vraiment pas que ce soit l’utilisation prévue ! Nous croisons des camions qui ne transportent rien hormis une cabine, comme d’énormes camping-cars surélevés. Ils doivent être faits pour aller dans le grand nord. Je me demande si les camions de marchandises se baladent en convois et dorment dans ces cabines… Nous croisons également le même genre de camion-cabine, mais la cabine est remplie de sièges (ce sont des bus ?), et une cheminée en dépasse. Les gens font-ils un feu dans le poêle à bois du bus ? Il nous manque quelques repères culturels pour comprendre. Nous découvrons enfin que nos essuie-glaces sont parfaitement en rythme avec une chanson de Muse… passionnant !

Nous poursuivons la route, croisant régulièrement la voie ferrée, et la météo s’améliore. Les températures remontent légèrement. Nous sommes surpris par la neige un matin, mais la route est bonne et nous avançons bien. Nous téléphonons régulièrement à Chronopost pour avoir des nouvelles de notre lettre, toujours bloquée au « contrôle des exportations », les 5 premiers jours pour une vérification, mais maintenant à cause d’un bug informatique : les programmes de la douane et de Chronopost ne communiquent pas bien. Nous avons abandonné l’idée du bateau du 30 octobre, mais craignons maintenant ne plus pouvoir prendre le suivant (6 novembre) non plus. On n’a pourtant pas bien le choix car nos visas russes expirent bientôt. Quelques pirouettes administratives plus tard, Sido dégotte une autre façon d’emmener Pam’ au Japon : ça devrait pouvoir se faire !

Nous nous approchons, après plus de 3000 km, de notre ville-objectif de la semaine, celle qui nous permettra de sortir plus de 5 minutes du camion : Khabarovsk. Nous réservons même un hôtel, et pour prendre, pour une fois, une bonne douche chaude et ne pas se geler les miches en en sortant ! La ville nous accueille avec les grandes barres d’immeubles « Krouchtchevka » (de l’époque de Khroutchev, années 60), comme toutes les grandes villes russes, mais nous découvrons un joli petit centre, et nous promenons le long du fleuve « Amour ». Nous avons encore 8 jours pour atteindre Vladivostok, à 800km par la route la plus directe : nous décidons de rejoindre la côte et découvrir plus rapidement que prévu la mer du Japon !

28-31 octobre : Khabarovsk –> Vladivostok – le bout du bout

Encore une journée de route, et on retrouve de la piste. Ça nous rappelle quelques souvenirs de Mongolie … Mais cette fois-ci, on sait que Pam a ce qu’il faut pour tenir le coup ! On n’a pas grand-chose d’autre à faire que contempler le paysage : des plaines, des champs, des forêts de chênes et de bouleaux, et en fin de journée, le ciel qui fait de beaux dégradés de rouge, orange, jaune à l’ouest, et des roses et bleu pastel de l’autre. On finit par rejoindre une péninsule sur une route asphaltée qui écourte les 300 km qui nous séparaient de la mer. On est surpris, encore une fois, de trouver des villages habités, avec même quelques immeubles (d’anciennes (ou pas) bases militaires ?), même si on retrouve, comme dans beaucoup d’endroits, beaucoup de bâtiments en ruine. Le temps et la température nous permettent même un pique-nique sur la plage, et une balade jusqu’à un phare au bout de la péninsule. Ça nous fait du bien de sortir un peu dans la nature et de prendre l’air. On croise quelques chiens sympathiques (on a trouvé que, comparé à d’autres pays, les chiens, même s’ils se baladaient sans maître et sans collier, étaient propres et bien nourris) et un renard venu renifler les miettes de notre pique-nique sur la plage. Le lendemain, c’est déjà le moment de partir. Il nous reste 400 km jusqu’à Vladivostok, et on ne sait pas l’état de la route. On hésite à faire un détour mais finalement, on renonce à risquer de se retrouver sur une piste, à serrer les dents et à faire du 30 km/h. Il y a finalement une bonne partie d’asphalte, et on débarque jeudi juste à temps pour le « check-in » dans notre Airbnb à Vladivostok, après avoir retrouvé la « civilisation » et les bouchons, toujours une plaie dans les grandes villes russes, mais que Sylvain surmonte avec brio !

2 réflexions sur “Un bout d’octobre en Sibérie profonde

  1. Encore merci pour ce récit « sibérien » ! Il semble tout de même que la partie lac Baïkal – Vladivostok soit assez monotone et cela me fait réfléchir un petit peu sur l’intérêt de prendre le transsibérien jusqu’au bout (un vieux rêve !). J’espère que vous pouvez récupérer, vous laver, vous réchauffer, bien manger …etc avant d’envisager le Japon. Mais, au fait, la coupe du monde de rugby sera terminée …. On ne peut pas tout avoir ! Plein de bises. Christine

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  2. Coucou, Contente de vous lire et de voir que vous avancez comme vous le souhaitez. Vos photos toujours très chouettes. Il faudra m’expliquer comment vous faites avec votre retardateur et d’être aussi loin … J’espère que vous option plan B de Sido va fonctionner … suite au prochain épisode ! C’est cool de suivre vos aventures … les SiSi en voyage … AU plaisir de vous lire bientôt. Plein de bises à tous les 2. Armelle

    Garanti sans virus. http://www.avast.com

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