Toujours plus haut – de Nakano à Niseko

English summary : 14-21st November – Higher and higher

We made our way to the Japanese Alps, near Nakano. After arriving too late to get into the park and meeting the park guards, who were partying and let us sleep in a nearby carpark, we avoided paying 150$ to enter the Ryohaku mounts area and found a toll free road to hike up Dainichi mountain. There weren’t any tourists there, and the 1500m high, 14km long hike was wonderful but exhausting. We nearly got stuck in the park (the gate closed at 5pm but we managed to pass at 5.01) and looked for a relaxing onsen. After that, we went to a monkey park, where wild macaques are known to bathe in the hot springs. They were meant to be away during mating season, but we got lucky to see a few from very close. Our last stop on our way north to Niseko, where we were heading to leave our friend Hadrien who will work there during winter, was Takahata, where a friend of his invited us to her house (a rare thing in Japan). We were surprised that she was still working on a Sunday at 5pm (only « paperwork ») and we could witness the huge difference in the working culture between us and her. We spent a nice evening at her parents’ place, a 100 years old traditional house, where she made us try « inomi », the local dish. A little bit hangover, we left the next day to take the ferry in Aomori, a 3h40 trip to Hokkaido island. There, the scenery was completely different : snow, cold, drier than Honshu island. We had to be careful not to slide on the frozen road (which we obviously did). We spent 3 days in around Niseko, letting Hadrien settle down, enjoying the comfort of a house (even though we weren’t allowed to actually stay there, for it’s a shared house owned by the company Hadrien works for), and did a beautiful hike above Toya lake. We are now going back south to warmer temperatures !

Jeudi 14 novembre, on prend la route vers les Alpes japonaises ! On vise vise la zone des monts Ryohaku, où se trouve une station de ski et plusieurs sommets qui ont l’air sympathiques. On roule pas mal.

La vie à 3 dans le camion est bien sûr, un peu plus complexe, chacun a moins d’espace et nos chorégraphies quotidiennes se complexifient un peu, mais dans l’ensemble, tout se passe bien. Sylvain et moi dormons, comme d’habitude, dans la capucine du van, et Hadrien dort sur la banquette transformée en lit une fois la nuit tombée.

Encore un peu ambitieux sur les durées de trajet, on arrive tard – 20h – à l’entrée du parc. Nos dernières recherches internet nous ont un peu refroidis, apparemment, il faudrait une autorisation pour rentrer dans le parc, essentiellement fréquenté par les bus de touristes, et l’entrée coûte 150€/jour … Comme il est un peu tard pour faire demi-tour, nous y allons quand même. Nous nous retrouvons face à une immense barrière, gardée, avec un grand panneau annonçant les horaires d’ouverture : 7h-17h. Nous interpellons un des gardes présents, qui appelle son chef. Ce dernier parle anglais et se trouve bien éméché. D’habitude, ça n’annonce pas de bonnes nouvelles, mais cette fois ça a joué en notre faveur ! On lui explique la raison de notre présence et il nous autorise à dormir sur le parking privé attenant (1 night only !), et nous apprend aussi qu’une autre petite route juste à côté est, elle gratuite, et permet d’accéder à quelques randos. On aperçoit plus tard plusieurs têtes dépasser du local de la « party ». Le lendemain matin, on prend la fameuse route, et on prend un chemin qu’on avait repéré, et qui nous mènera au Mont Dainichi, quelques 1500m de dénivelé et 7km plus haut. On commence la randonnée dans un immense cirque d’où tombent des cascades, les couleurs sont, ici encore, superbes, et il fait beau. Que demander de plus ? On commence l’ascension bien raide dans la forêt, on débouche sur un petit plateau bien touffu, où un passage en bois a été aménagé. Un premier refuge nous attend, fermé bien sûr, mais on peut se poser et faire un bonhomme de neige. Puis on entame la deuxième partie de la rando, bien raide aussi, le chemin est bien enneigé et pas aussi évident : il faut trouver les passerelles en bois de 30 cm de large sous la neige, la végétation est alourdie par la neige, elle nous gêne et nous arrose une fois qu’on a repoussé les branches et on passe parfois dans des cailloux cachés sous la neige et des petits ruisseaux. Mais la vue est toujours magnifique ! Le chemin en revanche n’en finit pas, et on arrive épuisés au deuxième refuge, devant lequel Sylvain nous creusera un superbe abri pour nous protéger du vent tout en étant au soleil et pique-niquer dans un confort approximatif. On est contents d’avoir grimpé cette montagne ! Mais on n’a pas trop le temps de tergiverser, il fait nuit à 17h, la barrière est sensée se fermer à 17h également, alors on se dépêche de descendre ! On passe finalement la barrière à 17h01, et elle est encore ouverte : victoire !

Pour se remettre de l’effort et des émotions, on cherche un onsen (bain public), on rêve d’un bon bain chaud. Notre première tentative dans un hôtel en hauteur du village de Tateyama se solde par un échec, l’onsen étant soi-disant fermé à 17h, alors que c’est bien le seul endroit au Japon qui ouvre tard ! Mais la réceptionniste nous indique un autre onsen un peu plus loin. Je ne sais pas trop comment ça va être, toute seule là-bas (la dernière fois, j’étais avec Adèle), mais finalement ça passe vite, entre le bain chaud, le bain extérieur, le bain froid et la douche qu’on savoure, bin oui, à 5€ le bain, il faut ! Ici encore, on m’a dit de cacher mon tatouage, ce n’est pas facile car tout est ouvert, il n’y a pas le moindre petit recoin, mais les Japonaises n’ont pas vraiment l’air de se formaliser …

Selon le programme que nous a concocté Hadrien, notre prochaine étape est le parc de macaques japonais Jigokudani, un endroit connu pour ses sources chaudes où viennent se baigner les singes. Manque de chance, arrivés à l’entrée, le garde nous montre un panneau « Pas de singes aujourd’hui pour cause de saison des amours » ! Zut alors … Bon, on est venu jusque-là, alors on rentre quand même (il faut quand même payer le parking, 500 Yen = 4€ environ). Il y a beaucoup de touristes ! En fait, l’entrée du parc aux singes se situe 1km plus loin, on peut se balader un peu, c’est là encore un de ces endroits nichés au creux de la montagne, recouvert d’arbres de toutes les couleurs. Et puis, il y a les onsen ! Mais on s’est lavés la veille, on ne va pas non plus abuser 😉 et là … surprise ! On commence par apercevoir, dans la vapeur des sources naturelles au soufre, deux macaques, puis trois, puis quatre … finalement, on aura tout un spectacle de cris, de jeux, et d’épouillage, pendant une bonne demi-heure, avant que les macaques ne retournent dans la forêt. La chance !

On continue à rouler dimanche 17 novembre (Hadrien est attendu le 20 tout au nord du Japon) et tombons sur de magnifiques routes de montagnes et de belles vues sur les vallées et lacs! On fait un crochet par Takahata, où nous avons rendez-vous avec Miyoko, une amie d’Hadrien rencontrée lorsqu’il travaillait à Tokyo. Elle nous a invité à chez elle, chose rare chez les Japonais, pour nous faire découvrir le « imoni », un plat de sa région (cliquez ici pour en savoir plus !). Elle nous accueille d’abord, ce dimanche à 17h, dans une des pharmacies qu’elle gère et qui appartient à sa mère. Quand on lui demande si elle est en train de travailler à cette heure, elle nous répond « non, juste du travail administratif ». Les Japonais, jeunes ou vieux, ont l’air d’avoir une culture du travail bien différente de la nôtre. Il n’est pas rare de voir, en particulier sur le bord des routes à faire la circulation (ou c’est peut-être juste parce qu’on roule beaucoup), des personnes ayant bien passé l’âge de la retraite, faire des petits boulots, « pour passer le temps », nous expliquera Hadrien. L’implication, l’application et le dévouement au travail sont des valeurs très importantes, souvent au détriment de la vie sociale, et on le constate partout où l’on va : magasins, stations essence … les employés courent vers nous, nous arrosent de formules de politesse (au point de dire plusieurs fois « merci et au revoir »), passent des coups de fil pour nous chercher des solutions … Ca nous effraie parfois un peu, nous qui venons d’un pays où le temps libre et les loisirs sont très importants, et qui essayons de fuir justement ce côté aliénant du boulot … Nous débarquons donc chez Miyoko, enfin, chez ses parents, une maison de famille vieille de plus de 100 ans, typiquement japonaise, toute en bois, avec ses pièces carrées qui communiquent par des pans de bois et de papier. Les parents s’éclipsent discrètement dans le salon pendant qu’on prépare à manger, puis qu’on s’installe dans un des pièces au milieu de laquelle se trouve une table basse, et des coussins. On passe une bonne soirée, bien arrosée au saké. Tellement arrosée qu’on restera dormir sur place, emmitouflés dans les futons que le papa nous a gentiment apporté, mais qui seront tout de même un peu légers pour le froid qui pénètre dans la maison ! On se réveille le lendemain avec une bonne gueule de bois, et une Miyoko toute fraîche nous annonce qu’elle doit partir au travail.

On est déjà le 18, et il nous reste de la route ! On fait un petit arrêt à Kaminoyama, où on visite un beau château datant du 16ème siècle et bien sûr, l’onsen. C’est un tout autre style, tout petit (et beaucoup moins cher), avec un seul grand bain. A l’entrée, on oublie de prendre les « bouts » de robinet qui nous auraient permis d’avoir de l’eau à température souhaitée (on n’avait pas du tout imaginé que ça se passait comme ça). Dans le bain des garçons, personne ne les utilise et on prend directement l’eau des bains avec des bols pour s’arroser à côté et se laver. Chez les filles, je vis toute une aventure à essayer de comprendre comment fonctionne la douche, puis une très gentille dame me donne une petite serviette qu’elles utilisent pour se frotter le corps, on me propose aussi du shampooing. Pour finir de se remettre la soirée, nous testons notre premier « Kaiten-Sushi » : les tables sont à côté d’un tapis roulant qui nous amène les plats commandés sur un écran (d’autres formats existent où au centre se trouvent les cuisiniers, autour le tapis roulant, et autour les tables). Un régal ! Nous testons les poulpes natures / flambés, les maquereaux, les anguilles de mer (le favori de Sylvain), anguilles de rivière, saumon avec/sans fromage, les œufs de poissons, crevettes tempura, thon cru/cuit. A 1,5€ les deux (gros) sushis, on en profite à fond !

Après ces aventures, on se dirige vers Aomori où nous prendrons le ferry qui nous emmènera sur l’île d’Hokkaido. C’est là que se trouve Niseko, la station de ski où notre pote Hadrien commence bientôt un boulot saisonnier. On y arrive au port à 16h – il fait presque nuit, et on se balade dans un froid glacial, la neige tombe. Après un saké chaud, nous passons la nuit sur le parking du ferry, pas très calme… La traversée de 3h40 du lendemain matin est elle-aussi agitée, mais on est content car il y a des douches ! Avec shampooing, savon et serviettes ! Arrivés à Hakodate, on a encore 3h de route pour arriver à Niseko. Le décor change complètement, on est au même niveau que la Sibérie et la végétation nous la rappelle fortement, la neige est déjà tombée et il faut faire attention à ne pas déraper (ce à quoi j’échoue par deux fois, mais plus de peur que de mal). On rencontre Joan et Jim, les deux patrons du resto dans lequel Hadrien sera chef de partie cet hiver, dans cette station internationale. On y croise d’ailleurs au moins autant d’étrangers que de Japonais, les boulots saisonniers étant boudés par les locaux. Une fois Hadrien installé dans son immense maison-coloc de boulot, on profite un peu du confort d’une maison bien chauffée. On y restera 2 jours, à se promener dans la station, et aussi une petite escapade au lac Toya, en montant au Mont Usu, un volcan encore en activité, et d’où surgissent des fumerolles. On trouvera même, dans une pente, un endroit où la terre était toute chaude et émettait de la vapeur, c’était impressionnant !

Après ces journées de « repos », avec soirées et jeux avec des gens sympas dans un environnement chaleureux, c’est le temps des « au revoir ». 1600km environ en 12 jours à 3 dans le van, c’était encore différent et vraiment chouette ! On repart vendredi 22, avant l’ouverture des pistes (petite déception, mais il faisait vraiment froid là-haut et on ne se sentait pas d’arpenter les routes verglacées avec Pam ou d’attendre plusieurs jours l’ouverture de la station), pour reprendre le ferry et continuer notre tour du Japon par la côte Est !

Quelques faits marquants :

  • Il y a des distributeurs de boisson absolument partout ! A l’extérieur, servant des boissons chaudes ou froides. C’est vraiment étonnant. Rien à grignoter par contre, ce qui ruine notre théorie de « c’est parce qu’ils ont des catastrophes tout le temps, alors comme ça, ils peuvent toujours se prendre un bon café chaud »
  • On réfléchit pas mal à cette théorie sur tout ce qui « sort de l’ordinaire » selon nous. Dur de dire à quel point les tsunamis, éruptions volcaniques (et leurs pluies de cendres) et tremblements de terre influent sur le mode de vie des japonais…
  • On remarque beaucoup de « petits boulots » qui n’existent pas en France, où on essaye d’employer le moins de gens possible dans les entreprises : à chaques travaux routiers (même s’ils ne durent que 20m, et ils sont nombreux !), il y a au moins 1 japonais à chaque extrémité pour faire la circulation, et un au milieu sûrement pour des questions de sécurité. En prenant le bateau, une vingtaine de personnes nous indiquent le chemin jusqu’au bateau. Elles auraient vite été remplacées par des panneaux lumineux en France à mon avis. Dans les stations services, une personne vient remplir votre réservoir.

5 réflexions sur “Toujours plus haut – de Nakano à Niseko

  1. superbe reportage comme d’habitude très instructif sur les us et coutumes des japonais.
    pouvez vous faire un peu plus d’images des autochtones en situations simplement les voir les singes c’est très incessant mais est que les japonais s’épouillent …( hiiiii)
    dans l’attente de la suite de votre découverte
    Bises Fred

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  2. Encore merci pour votre récit vivant et coloré ! je n’imaginais pas le Japon de cette façon, sauf peut-être pour le culte du travail et la multiplication des petits boulots des retraités. Il me semble cependant que c’est aussi une nécessité pour eux … car le niveau des pensions n’est pas très élevé et la vie très chère … Bonne continuation et grosses bises. Christine

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  3. Bonjour.
    J’ai un ami au Japon, et qui habite à 680 km au sud-ouest de Tokyo et au nord-ouest d’Osaka, un peu plus haut que Himeji.
    [Il a fait ce choix, après la catastrophe de Fukushima-Daiichi et pour des raisons louable et pour sa famille.]
    Cette personne fort respectable et respectueuse travaille en télé travail chez elle.
    De plus elle se rend souvent, au cours de l’année, en business trip aux States et dans l’Arizona, et sinon, une fois par moi, toujours pour son travail à Tokyo.
    Il fait également de la permaculture chez lui dans son jardin, et pour sa propre consommation..personnelle.
    Je me permets, je vous mest le lien, ci-dessous, de son blog:
    https://inaca.me/
    Bon « Travel » pour vous, et bonnes continuations..Denis.

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  4. Merci pour ce magnifique reportage sur le Japon avec toutes ces belles photos qui me rappelle la période ou notre fiston y a passé 3 ans 1/2, depuis je crois connaître un peu plus ce pays et les gens qui y vivent.
    Quelle sera votre prochaine destination??? En tous cas très bonne continuation.
    Bises à tous les deux.
    PS: Bien reçu ta carte Sido. Mille mercis.

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