Au pays des tsunamis

La côte est direction Tokyo

English summary : after leaving Hokkaido, we headed for the coast. We nearly lost the documents that allowed us to drive in Japan, but eventually found them back at the ferry terminal.. After a nice hike up the Odake mount (in the Hakkoda mountain range) that offered us a great view on Aomori bay, we also found out that some roads were already closed for the winter. So it took us some time to reach the coast, but after that, we could enjoy a somewhat warmer weather, the magnificent coast (although it’s also the most tsunami-affected part of Japan), with a stop at Kamaishi and its 48,5m statue of the goddess of marinery and fishing. Then, we very slowly (because of traffic lights and the very dense and urbanised area) made our way to Tokyo. Before diving into urban life, we found a climbing spot in Yugarawa, and hiked above lakes and forest with a view on Mount Fuji (it’s too cold and snowy now to climb it ..). We left the van in Otsuki, about 1,5 hour by train from Tokyo and spent 2 days in the capital, visiting its temples, parks and nice suburbs like Akihabara (manga town), Chibuya (with the world famous zebracrossings and skycrapers) or Ameyoko (market street, crowds and restaurants) ! We really liked this crazy, contrasted city, even though after 2 days, we already felt the pressure of the crowd and lack of nature !

Samedi 23 novembre – Le retour en ferry depuis Hokkaido jusqu’à Aomori est plus calme qu’à l’aller. En arrivant, on va à l’aéroport d’Aomori pour récupérer des cartes SIM (gratuites !) qui nous permettront d’avoir internet sans attendre un réseau wifi gratuit. Eh oui, dans les pays « pauvres », la 3G et 4G est peu chère de notre point de vue, même si elle n’est disponible qu’autour des villes. Au japon, internet est cher… en revanche il y a de très nombreux wifi gratuits ! Bien pratique. En se posant le soir, on s’aperçoit qu’on n’a pas notre petite pochette avec tous nos papiers importants pour le Japon… Impossible de la retrouver. On retourne la situation dans tous les sens, pour admettre que le seul endroit où on aurait pu la perdre serait au terminal de ferry, à l’aller ! On y retourne le lendemain, ce n’est heureusement pas loin. Après quelques minutes d’explication, la réceptionniste sort d’un bureau avec notre pochette, miracle ! On retrouve donc : papier d’importation du véhicule, assurance japonaise, traductions de nos permis, permis original de Sido…

On prend la route plus sereinement et nous nous dirigeons vers la côte Nord Est qui est travaillée par de forts courants marins et une propension à attirer les tsunamis. Grâce à une super appli (Yamap : « yama » voulant dire « montagne »), on trouve facilement une randonnée sur notre route. Après une nouvelle nuit sur un parking « aire de repos » (on se rend compte que ces derniers sont souvent bien remplis, les Japonais dorment dans leur voiture et laissent tourner le moteur toute la nuit pour avoir du chauffage), on arrive au pied du Mont Odake, dans la chaîne de montagne Hakkoda. Une ascension difficile car la neige est bien tombée, mais à midi, elle commence à bien fondre aussi et le chemin est de la soupe ! On croise du monde cette fois encore, il faut dire que c’est dimanche et qu’il fait un temps superbe. On est récompensés de nos efforts par une vue à 360°, sur la baie d’Aomori et les chaînes de montagnes alentour. Ça valait bien les 850m de dénivelé dans la neige mouillée ! On repart bien contents, pour tomber sur une route fermée. Apparemment, dès que la neige arrive, beaucoup de routes sont coupées. On doit la contourner par l’Ouest (seconde « couronne » autour du massif que nous devons traverser), mais la seconde route est elle aussi coupée (après 20km). Nous retrouvons donc la vallée urbanisée prise à l’aller et dormons cette nuit encore sur une aire.

On rejoint lundi la côte Est vers Kuji, où commence la zone la plus touchée par les tsunamis. On avait déjà remarqué qu’au Japon, énormément d’endroits, de falaises, de bord de routes, sont complètement bétonnés pour éviter les chutes de pierre. On découvre ici des infrastructures phénoménales pour arrêter les tsunamis ! Des digues de 10m de haut, parfois plus, tentent de protéger les villes et villages nichés entre les collines au bord de l’eau. Une rivière passe dans la vallée ? Pas de problème, ils construisent des portes de 10m de haut et 100 de large pour pouvoir condamner l’estuaire ! Des panneaux indiquent les zones à risque, et on voit régulièrement des lieux de recueillement et d’information sur les catastrophes. On est vraiment impressionné. La nature aussi est impressionnante, avec d’immenses falaises, jusque 200m de haut, et des rochers qui sortent de l’eau, formant parfois des arches. On s’arrête à plusieurs points de vue dans le parc national Sanriku-Fukko. On s’arrête égalementà Kamaishi où s’élève une statue de Kannon (déesse) des marins et de la pêche de 48,5m de haut, dans laquelle on peut monter. A l’intérieur, on y trouve des statues faites avec une technique particulière en bois, qui représentent d’autres dieux : celui de la prospérité, du mariage, etc …

Arrivés au bout de cette côte, on rentre dans les terres pour écourter un peu le chemin vers Tokyo. On roule la plupart du temps à 30-40km/h en moyenne : soit on est dans la nature et les routes sont étroites et sinueuses, soit on est en « ville » et il y a un feu tous les 200m (quand la « ville » est ininterrompue pendant 100km comme à Tokyo, ça fait long). Le jour où on a mis 2h30 à faire 70 km, on a commencé à accepter cette idée.

Pour éviter de rentrer dans Tokyo avec le van, Sylvain trouve un endroit proche du Mont Fuji où on pourrait prendre un train. Comme il y a trop de neige pour faire l’ascension du point culminant du Japon, on décide, sur les conseils de notre copain Hadrien, de faire une randonnée d’où on aura une belle vue dessus. On a aussi trouvé un coin où faire de l’escalade, ça fait longtemps et on est super motivés ! On décide de réserver le jour de grand beau au Mont Fuji. On commence donc par aller à Yugarawa, où se trouve le site d’escalade, un joli coin de verdure, avec une montagne très prisée des retraités apparemment. Effectivement, on se réveille le matin avec le parking presque plein. On croise quelques « bloqueurs » (mur d’escalade de 3 à 5m de haut) et d’autres grimpeurs sur la paroi. C’est notre jour de chance, car on trouve, par hasard, un topoguide des voies qui nous permettra de ne pas nous engager dans une paroi trop difficile pour nous. Il est détrempé de la pluie de la veille, et tout en japonais, mais ça fera bien l’affaire, grâce aux autres grimpeurs qui nous aident à nous repérer. On retrouve les sensations de l’escalade, et les courbatures qui vont avec ! Mais qu’est-ce-que ça fait du bien !

samedi 29 novembre, c’est parti pour le Mont Fuji ! Enfin … presque ! On se lève même à 6h du matin pour admirer le lever du soleil depuis le lac Yamanakako où des dizaines de photographes se sont donné rendez-vous, et où on a eu la surprise de trouver de la glace DANS Pam. On démarre à 7h15, pour 650, voire 1100m de dénivelé. Ça monte dans la forêt, et on a du mal à avoir une vue dégagée sur le fameux volcan. On décide donc d’aller en haut, et on n’est pas déçus ! Là encore, les randonneurs sont nombreux, on se rend compte d’ailleurs qu’on n’est pas du tout les premiers à être partis ! Enfin, il y a quand même un téléphérique qui monte assez haut, on soupçonne certains de tricher un peu … Le temps est radieux, il n’y a pas beaucoup de neige sur le chemin cette fois, bref, on en profite bien. On redescend un peu dans la ville qui est juste au pied du Mont Fuji, pour bien retrouver Pam sur son parking de « Pachinko slot » (grand espace de jeux d’argent) sur lequel on n’était pas sûrs de pouvoir squatter. On se dirige vers le lac Kawaguchiko, dont les rives sont envahies de touristes et de Japonais, notamment des jeunes couples en kimono, prenant la pose avec le Mont Fuji.

Dimanche et lundi, on part visiter Tokyo. On se lève encore une fois à 6h pour pouvoir y passer deux journées complètes, car on est à 2h en train du centre. On laisse Pam pour 2 jours dans un parking à Otsuki. On est impressionnés par l’organisation des Japonais : un des guichetiers a un traducteur automatique autour du cou, on ne doit pas être les premiers à se garer là ! On s’en tire à bon compte : 1h30 de trajet pour une quinzaine d’euros chacun. Comme à Kyoto, on peut acheter des pass journée pour le métro à 600 Yen (5€). On se dirige vers le parc d’Ueno. Hadrien nous a concocté un petit programme « Tokyo en 2 jours », ça nous économise pas mal de temps et de réflexion ! Il faut dire, après ces 2-3 matins à se lever tôt et faire du sport, on est un peu fatigués. L’accumulation aussi de fatigue, toute la route qu’on a fait depuis 3 semaines sans beaucoup s’arrêter … On doit avouer qu’on est un peu nazes ! On va d’abord voir le temple Senso-ji datant du 14e siècle, puis on se balade dans le parc, on tombe sur la relève très orchestrée des gardes du parc, une partie de baseball (sport très populaire ici), puis le marché du dimanche avec plein de choses folles à manger au milieu des familles de sortie … Ensuite, on se dirige vers la rue Ameyoko remplie de monde, d’étals de fruits, légumes, chaussures, bibelots … On a l’impression d’être au milieu d’un immense marché en labyrinthe, ça grouille, ça crie de partout. On se trouve un petit resto de yakitori (brochettes), on commande bien sûr un « menu yakitori » et on se retrouve avec 4 brochettes de viande, et on découvre le foie de cheval. Ah oui, parfois, c’est risqué de commander au pif ! Enfin, on a quand même évité celles de cartilage de poulet dont on nous a déjà parlé …

Comme on a un petit coup de barre après manger, on profite de pouvoir arriver à notre hostel à 15h pour faire une petite sieste. On en a trouvé un relativement peu cher (20€ en dortoir), bien situé et … avec une boisson gratuite au bar 😊 On ressort un peu plus tard pour visiter le quartier Akihabara, le quartier des mangas, avec ses immeubles de plusieurs dizaines d’étages consacrés au manga : livres, accessoires en tout genre, figurines, stickers, posters, pistes de karaoké chanté par des personnages virtuels, studios photos … On n’a pas bien compris la logique de classement, par manga, par thématique, par type d’accessoires … ? Dans la rue, on trouve aussi toutes sortes de gadgets dont l’utilité nous laisse perplexes : des machines où, pour quelques centaines de yens, on reçoit une boule contenant un chat (ou autre animal) en plastique avec des oreilles de lapin, ou enroulé dans un sushi, des sacs plastiques contenant des kits « tout préparés » pour plus de 15€ … Un peu aveuglés par les lumières, le fourmillement, et le consumérisme à outrance, on se trouve un petit resto de ramen dans un coin plus tranquille, où, comme dans beaucoup d’endroits, on commande sur une machine et on donne les tickets correspondant aux cuisiniers/serveurs/vendeurs, avant de rentrer à l’hôtel.

Le lendemain, il fait gris, la pluie tombe dru, ce n’est pas très gai pour notre programme : visite de parcs et balade dans des quartiers sympa. Comme c’est lundi, les musées les plus intéressants sont fermés, on décide de ne pas changer nos plans. Ce sera donc balade sous la pluie au Palais impérial pour commencer. Malheureusement, on se décourage vite devant la queue et les parapluies qui gouttent sur nos imperméables, qui ne le sont d’ailleurs plus tant que ça. On n’en apercevra que quelques pavillons, arbres et ponts. On se réfugie à Chibuya, avec ses gratte-ciels dans lesquels on peut monter pour avoir une vue vertigineuse sur ses passages piétons mythiques, et la forêt de tours de 30 ou 40 étages. On rentre dans un immeuble de boutiques, restaurants, et bureaux. Au moins, on est au sec. L’heure du repas approche, mais les restaurants dans ces espèces de Galeries Lafayette japonaises sont décidément hors budget. On trouve notre bonheur, un kaiten sushi (où les sushis passent devant notre nez sur un rail, on prend ce qu’on veut et on paye en fonction de la couleur des assiettes) le long de l’avenue Omote-sando, qui doit être très agréable à arpenter par beau temps ! On termine notre visite de la capitale en passant par la dernière gare de métro en bois de Tokyo, Harajuku, puis on espère passer entre les gouttes dans le parc Yoyogi. On doit finalement se contenter d’apprécier l’ambiance particulière créée par la pluie, tout est sombre et brumeux. De nombreux visiteurs sont quand même là, et certains ont même sorti les kimonos pour payer leur respect aux dieux. Pas de chance, ce n’était pas le bon jour pour sortir ses habits d’apparat ! Enfin, on termine par le quartier Shinjuku, dont les immeubles sont aussi impressionnants, il y en a même un où a été installé un Godzilla géant. On se sent un peu aveuglés par toutes ces lumières, par le monde et les gratte-ciels, il est temps pour nous de rentrer dans notre petit camion !

Petits points japonais :

  • Devant la plupart des restaurants, vous trouverez un magnifique exemplaire des plats en plastique ! Imaginez vous un bol de riz recouvert d’œuf, des crevettes tempuras, des nouilles au bouillon… Et ils arrivent même à rendre certains plats appétissants !
  • Dans la moitié sud du pays (on n’en a pas entendu plus au nord), une musique passe à différentes heures. Parfois une annonce est faite. Par exemple, à 17h, une personne vous félicite pour votre bonne journée au travail et vous invite à rentrer chez vous.
  • Dans les bus de ville, les chauffeurs parlent constamment. Après enquête, ils disent : « attention, je vais accélérer », « Pardon, il y a un feu je dois freiner»,  « Merci d’avoir attendu, je redémarre ». Ils nous félicitent aussi pour notre journée de travail (elle commence à dater la dernière pourtant !)

3 réflexions sur “Au pays des tsunamis

  1. Encore merci pour cette plongée dans le Japon contemporain ! C’est véritablement un autre monde … un petit peu déroutant me semble-t-il. Très bonne continuation à vous et plein de « bonnes choses » à manger …
    Grosses bises de Christine

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  2. Hello les amis, Contente de vous lire et de voir que vos aventures continuent dans les découvertes, les randos, l’escalade. Ici le temps file vite et les fêtes de fin d’année arrivent à grand pas. D’ailleurs où serez vous à cette période ? Comme je l’avais dit à Sido, je suis partie 12 jours au Maroc dont 1 semaine pour un trek dans le désert … je touche du bout des doigts votre aventure, la découverte, l’émerveillement. Quelque chose en nous bouge, se transforme … Belle suite japonaise en attendant la suite des épisodes, comme un beau feuilleton en beaucoup moins gnangnan …. Je vous embrasse. Armelle

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  3. Merci pour ce superbe reportage très bien illustré par de belles images d’un monde tellement différent du notre c’est passionnant …
    En attente de la suite de vos aventures
    bisous
    Fred

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