Paperasse et formalités

En France :

En mai 2018, le contrôle technique a été renforcé, pour les camionnettes aménagées artisanalement, mais aussi pour les vans portant la mention VASP (comme Pam). Nous pensons que c’est essentiellement pour faire du ménage dans le parc des vieux véhicules … Nous avons d’ailleurs été embêtés pour des points de rouille sur le bas de caisse, qui en fait n’étaient pas du tout sur la structure du van et qui ne la fragilisaient pas. Les véhicules avec la mention « VASP » (comme Pam) doivent être présentés tous les deux ans au contrôle technique. Il n’y a rien de particulier, mais cette mention n’est pas accordée (par le MIN) facilement aux véhicules qui ont été aménagés « maison ». Il faut faire attention au réseau d’électricité, à la répartition des charges … Nous n’avons pas voulu nous lancer dans cette aventure (mais certains le font, et d’ailleurs très bien, certains professionnels proposent même de l’aide), et nous avons acheté Pam déjà « VASP ». C’est pour ces véhicules sans cette mention (utilitaires) que ça se complique : il faut présenter son van tous les ans et vide au CT, ce qui implique d’aménager son van en tout amovible.

En UE :

Rien de particulier, si ce n’est l’assurance. La nôtre (MAIF) nous assurait 3 mois après notre date de départ (on ne savait pas trop comment ils vérifiaient cette dernière, j’imagine qu’on aurait pu leur dire à tout moment qu’on était partis moins de 3 mois avant …). A certaines frontières avec les pays non-UE ou non-Schengen, il peut y avoir des contrôles/fouilles du van, mais ça ne nous est pas arrivé (Suisse, Norvège). Apparemment, nous avons bien fait de prendre le ferry pour la Norvège, car la frontière avec la Suède est assez surveillée, notamment, du fait du prix bien inférieur des produits alimentaires. Notre camion en était plein … nous aurions pu payer des taxes assez élevées.

En Russie :

Nous avons passé la frontière à Vaalimaa, depuis la Finlande (nous en avons parlé ici), puis depuis la Mongolie, à Sükhbaatar . On vérifie d’abord les passeports, puis les papiers du véhicule, ensuite, c’est la fouille avec la douane (attention aux médicaments contenant de la codéine), puis rebelote de l’autre côté. Ca peut prendre 3h, comme 7h en fonction de la queue (notre dernier passage a duré 10h car nous avions du Tramadol dans nos bagages).
Il faut remplir un papier d’importation du véhicule en deux exemplaires (c’est bien de l’avoir avant, on peut l’envoyer avec la traduction en français). Il faut avoir une assurance valide, c’est-à-dire, que la mention « RU » ne soit pas barrée sur votre carte d’assurance. Avec le MAIF ça fonctionnait, même si nos conseillers nous avaient dit que nous serions couverts uniquement jusqu’à l’Oural (limite de l’Europe). Sinon, on peut en prendre une au poste de frontière (30€/mois environ).
Pour partir de Russie en ferry depuis Vladivostok, nous avons contacté la compagnie Links qui nous a guidés et accompagnés pour les formalités. Il suffit de leur envoyer des papiers et arriver 2 jours avant le départ pour finaliser les démarches. Attention, ils ne prennent que le cash, au total environ 1500€ pour nous (payables en roubles, US dollars, euros).

Pour les visas, il faut s’y prendre à l’avance car il faut obtenir une invitation officielle d’un établissement touristique, une entreprise, une association … Nous avons décidé de passer par une agence (Russie Autrement), car nous avions lu que c’était vraiment casse-tête de le faire tout seul. On nous a conseillé de prendre un visa « humanitaire » avec pour raison « renforcement des liens culturels ». Nous devions mentionner un itinéraire, avec quelques villes, mais personne n’a jamais vérifié cela et nous n’avons pas eu besoin de nous enregistrer (nous avions lu qu’il fallait le faire, en particulier pour les visas de tourisme, mais nous ne savions pas où et nous n’avons pas été embêtés). Nous avons obtenu un visa valide 6 mois avec autorisation de rester 90 jours sur le territoire, et multi-entrées (très pratique quand on va visiter le Kazakhstan ou la Mongolie) pour éviter un visa de transit de 10 jours entre la Mongolie et Vladivostok (4000km et pas de lac Baïkal). L’agence était plutôt compétente et de bon conseil (même si nous avons dû nous débrouiller pour avoir des infos sur l’avancement de notre dossier, et aller chercher nos visas), pas excessivement chère. Cela nous a pris 2 mois pour avoir nos visas, qu’on ne peut pas demander plus de 3 mois avant l’arrivée sur le territoire (il faut bien calculer).

En Mongolie :

Deux frontières avec la Russie sont ouvertes aux étrangers : Tashanta dans l’Altai et Sükhbaatar au nord. Il n’y a rien de particulier pour le véhicule. A la frontière, c’était un peu long et pénible (il faisait froid) mais nous n’avons pas eu de soucis particuliers, et la fouille était assez superficielle : ils ont tiqué sur mes cosmétiques maison et mes huiles essentielles, mais j’ai juste dit « oui » quand ils ont mimé « se mettre du parfum » ou « se maquiller ».

Nous avons demandé des visas tourisme 1 mois (renouvelable 1 mois à Ulaanbataar pour 50€) en Finlande, car Sylvain était à Helsinki pendant quelques jours et pour éviter d’avoir à le faire en Russie. C’était cher car on ne s’y est pas pris à l’avance (150€ pour un visa express, contre 60€ en mode « normal »), mais rapide et surtout, aucun papier particulier n’a été demandé : il faut, je crois, une invitation comme en Russie (pas juste une réservation d’hôtel mais un papier particulier), et nous nous sommes dit que cela valait le coup de payer plus cher plutôt que refaire tout le processus.

Au Japon :

On peut importer temporairement un véhicule au Japon de deux manières : avec un Carnet de passage en douane (CPD), ou une procédure d’importation temporaire (TIP).
Le CPD est connu mondialement, car certains pays l’exigent, ça peut être pratique lorsqu’on voyage dans ces pays (voir sur le site de l’Association Française Automobile). Il permet de simplifier les formalités douanières.
Bon à savoir ! On peut postdater son CPD si on part longtemps (car il est envoyé au domicile en France, et ça peut être galère de le récupérer – voir notre article : https://rocknroule.com/2019/11/14/bye-bye-russia/) car il est valide un an. L’adhésion et l’émission du CPD coûte environ 250€, auxquels il faut ajouter une caution allant de 100% à 150% de la valeur du véhicule. Cette valeur est celle de l’Argus, mais si votre véhicule est trop vieux (comme Pam), vous pouvez donner la valeur que vous voulez, avec un minimum de 2500€.
Avant d’arriver au Japon, il faut se mettre en contact avec un agent sur place (contact fourni par la compagnie Links qui nous a accompagnés pour quitter la Russie), à qui on envoie tout un tas de papiers et qui s’occupe des démarches avec la douane. Sur place, il faut se faire emmener au bureau de la Japanese Automobile Federation (JAF) qui fournit une traduction du ou des permis de conduire pour environ 30€/permis (le permis international n’est pas reconnu pour la France) et qui authentifie le CPD (30€ de plus).
Le TIP est un papier à remplir que l’agent vous envoie (mais vous pouvez le trouver sur internet). Arrivés au Japon, il faut aussi aller à la JAF et récupérer la traduction de son permis.
Il faut une assurance qui vous est proposée par l’agent : 60€/mois environ. A cela, il faut ajouter les frais demandés par la société, les charges portuaires, les frais de taxi pour aller au JAF … au total nous avons payé environ 250€ (cash, en Yen uniquement, on peut les retirer avant en Russie ou pendant le trajet en taxi).

En tant que français, pas besoin de visa : à l’arrivée, on vous appose un autocollant qui vous permet de rester 90 jours sur le territoire. Je pensais qu’il fallait une preuve de retour, mais on ne nous a rien demandé.

En Corée du Sud :

Pas besoin de visa non plus en Corée, les Français peuvent rester 30 jours sur le territoire.

Pour entrer, le processus est assez similaire au Japon : comme on arrive en ferry, on contacte un agent et fait ce qu’on nous demande. Il faut envoyer par mail son permis international, son passeport, des photos et les dimensions du van …
Pour la compagnie Links, depuis Sakaiminato, c’est la même personne que pour le Japon. En revanche, pour des raisons diplomatiques, la connexion avec la Corée du Sud a été interrompue pendant tout l’hiver 2019. Nous avons donc cherché une autre compagnie qui faisait les trajets.
Nous sommes passés par la compagnie Camellia Lines, qui part de Fukuoka pour aller à Busan. En théorie, c’est moins cher qu’avec Links car le trajet est plus court et c’est un port de commerce, il y a plus de compétition. Au total, les frais s’élèvent à 420€ côté japonais, 175€ côté coréen.
Les assurances proposées varient selon les compagnies : 60€/mois chez Camellia, 160€/mois chez Links.

« Shipper » son van depuis la Corée : nous avons décidé d’envoyer notre van en bateau depuis la Corée du Sud vers la Malaysie.
Pour « shipper » son van il y a 4 méthodes : le container, l’open-top, le flatrack, et le Ro-Ro. Le container est complètement fermé, par contre, il y a des restrictions de taille (2m55 de haut). Mais en se débrouillant bien, on peut partager un container avec d’autres voyageurs. L’open-top est comme le container, mais ouvert en haut. Pratique, mais limité en largeur (2m20). Le flatrack est une plateforme sur laquelle on met son van et qui est mise sur un bateau. L’avantage, c’est qu’on garde sa clé, le van est donc fermé. Avec le Ro-Ro, c’est le personnel de la compagnie qui met le van sur le bateau et le descend. Donc, on leur laisse une clé.
Vous l’aurez compris, le niveau de sécurité va en décroissant. Mais le prix, lui, augmente selon la méthode. Au départ, nous voulions « shipper » au Cambodge mais nous avons changé d’avis, car nous avons eu beaucoup de témoignages d’effractions et vandalisme sur les vans envoyés en Ro-Ro, la seule manière possible dans ce pays. De plus, il semble qu’il n’y ait pas de régulations/d’accords internationaux sur le Ro-Ro, donc en cas de pépin, tout le monde se renvoie la balle.
Nous avons opté pour un flatrack en Malaysie, qui a meilleure réputation : selon nos contacts, c’est le pays de destination qui compte, et le Cambodge est à la fois très pauvre, et très corrompu, le vandalisme est très courant.
Nous sommes passés par la société Assured, un agent, qui demande des papiers et met en contact avec le pays de destination. Le shipping dure environ 3 semaines. Côté Corée, nous en avons pour environ 3000€. Il faut aussi fournir une preuve de sortie du territoire (avion pour le Cambodge pour nous, 300€ pour deux environ). Côté Malaysie, les frais s’élèvent à environ 1500€. Il faut le CPD pour entrer en Malaysie.

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