Kumihama Bay – la vie d’aquafarmer

English summary : We arrived in Kumihama bay on Dec 9th, on a rainy and chilly day. Winter was coming.. Atsushi-san, our host, along with Gaël, another French volunteers, showed us the premises and explained to us how things would go. There were 3 different houses : one for Atsushi and his family, with a shared kitchen downstairs, one for us, with a shared TV room, and lastly a guesthouse. The kitchen was used by us and his parents who each lived in other parts of the house. We started to work on a sunny day 🙂 our first task was to burn old bamboo trunks that had been replaced lately on the oysters platforms. Oyster farming here is still very traditional, it is hard and time-consuming work. With many of the farmers ageing, the young like Atsushi (who, as the eldest son, didn’t choose to take over the family business) are trying to modernize the business. The first week was devoted mostly to harvesting and sorting the oysters, that were left to grow since spring time. We were impressed by all the fauna and flora that could grow on the ropes where the oysters stuck and grew on shell-shaped collectors.
We also helped with the orders (Xmas time !) and the guesthouse, where the family offers crab and oyster dinners. So we got to eat a lot of oysters, especially cooked (steamed, fried, boiled in broth) since they don’t really eat them raw here.
One day, we also attended Yuzuki’s English class, the kids and the teacher were very curious about our trip.
All in all, we felt at home, very well taken care of by the whole family, and experienced every aspect of the local life. And the food obviously! Atsushi’s parents cooked lunch for us and made us try the most amazing (sometimes weird for our tastebuds) things!

Eh non, ce n’est pas un endroit secret de Hawaii, c’est une baie sur la côte Nord-Ouest de Honshū au Japon. D’ailleurs, il n’y a pas de cocotier ici, il y fait plutôt frais et beaucoup de daims se promènent dans la forêt. C’est facilement reconnaissable un daim, ça a les fesses toutes blanches, et ça fait exactement le même bruit qu’un ballon de baudruche qu’on dégonfle en pinçant l’embout. Mais je m’égare…

Le village où sont installés nos hôtes, la famille « Toyoshima », s’étend sur la bande de terre de 300m qui sépare la mer du Japon de la grande baie de Kumihama. Nous y arrivons lundi 9 décembre, par une journée assez classique du reste de notre séjour : ciel plutôt gris, 10°C la journée, quelques gouttes de pluie par ci par là. Atsushi-san (ajouter « -san » au prénom est une marque de respect au Japon) nous avait prévenus : les maisons japonaises ne sont pas isolées, il y a un chauffage dans la chambre, mais qu’on n’allume pas la journée et qu’on éteint la nuit.

Atsushi-san nous accueille très gentiment en fin d’après-midi, nous montre notre chambre pour le séjour ainsi que la façon de mettre les futons, nous fait essayer le matériel de travail, et nous explique rapidement l’organisation de nos journées de volontariat. Il nous explique que la cuisine est partagée avec ses parents, mais à notre disposition, que ces derniers nous feront à manger le midi lorsque l’on travaille, et qu’il prend en charge nos courses. Il disparaît ensuite pour le reste de la soirée pour sa vie de famille, tandis que Gaël, Français volontaire depuis un mois ici, nous fait faire le tour de(s) la maison(s). Nous mangeons ensemble avant une soirée jeux : on se sent accueillis comme des rois !

Nous commençons à travailler mardi. La journée « type » est organisée comme suit :

  • 8h : petit déjeuner
  • 9h : début de la journée – Attention au Japon, cela veut dire qu’on est habillé et prêts à partir à partir de 8h55. Comme Atsushi a dit à d’autres volontaires : « When you are on time, you are already late » (Quand vous êtes à l’heure, vous êtes déjà en retard).
  • 9h-12/13h : ça bosse ça bosse
  • Après-midi libre

Bien sûr, en fonction de la météo, des livraisons à préparer, de la présence ou non de clients dans le gîte (une des maisons est utilisée comme « guesthouse ») etc… le planning est modifié. Il peut nous arriver de travailler quelques heures en plus l’après-midi, ou d’avoir une matinée de libre, ça varie.

Atsushi-San est « aquafarmer » (à ne pas confondre avec un pêcheur !) : il fait « pousser » des huîtres et des coques sur des plateformes situées dans la baie. Les activités varient donc beaucoup en fonction de la saison, et en décembre, c’est la saison de la récolte des huîtres : nous l’aidons donc à récolter, trier, laver et préparer les huîtres pour les commandes qu’il reçoit. Les huîtres ont une dizaine de mois, et sont pour l’instant accrochées à une corde, entre 5 et 10m de profondeur. Le premier travail est donc de sortir la corde de l’eau, de séparer les huîtres de la corde, des moules, d’autres huîtres, et de tout un écosystème particulièrement étonnant. Rien de tel que des photos à mon avis, mais ça bouge dans tous les sens, beaucoup de plancton, de mini-crevettes, de formes gélatineuses aux couleurs vives, de boules toutes ridées crachant de l’eau quand on appuie dessus… c’est assez marrant. On les trie en grosses, moyennes et petites. Les plus grosses sont lavées et préparées pour les clients : car les Japonais les aiment très grosses ! Les moyennes et les petites seront remises à l’eau un à deux mois de plus pour qu’elles atteignent la taille voulue. Ce sont donc des heures de tri qui nous occupent pendant quelques jours.

Les méthodes de travail sont assez simples mais chronophages. Atsushi nous explique que le métier a très peu évolué depuis son apparition il y a 50/60 ans dans la baie. Le poids de la tradition étant ainsi, son père a hérité du métier de son grand-père, et Atsushi (l’aîné de la fratrie) a hérité du métier de son père : à son grand regret (this « fucking silly job » comme il nous a dit une fois !). Il a pourtant (presque) toujours le sourire ! Cela fait maintenant 20 ans qu’il a repris l’entreprise familiale, vivant avec ses parents, sa femme et sa fille de 10 ans. Avant cela, il étudiait l’architecture et avait voyagé en Australie. Pour garder un contact avec les voyageurs tout en recevant leur aide, il accueille des volontaires chez lui depuis presque quatre ans. Il y en a quasiment en permanence pour l’aider, mais pas plus de deux/trois en même temps.

D’autres activités peuvent s’ajouter : une partie de la maison est une maison d’hôte, et ses parents préparent parfois des dîners de fruits de mer à leurs hôtes. Dans ces cas-là, nous aidons au service, plonge et ménage. Et puis nous finissons bien évidemment les restes (héhé). Ça nous permet aussi de tester les différentes recettes d’huîtres, crabe, concombre de mer… Dans un autre style, nous aidons également Atsushi, qui veut développer les huîtres françaises dans la baie, à traduire/comprendre les mails de son associé français et à comprendre la manière de fonctionner des Français (par exemple : non, quand nous envoyons un mail, nous ne nous attendons pas à une réponse dans la demi-heure, ou oui, si tu veux parler argent, il faut en parler, parce que ce n’est pas le Français qui le fera …). Nous avons aussi assisté au cours d’anglais de Yuzuki, la fille unique de la famille. Les enfants étaient très excités et accueillants, et eux autant que la prof nous ont posé plein de questions sur notre trajet, fait participer aux jeux et nous avons dégusté un gâteau pour Noël ensemble (d’ailleurs, c’est Sylvain qui a eu la petite pépite de chocolat qui prédit chance à celui qui la mangera, les enfants étaient envieux !).

L’accueil est très chaleureux. Atsushi est vraiment attentif à nos besoins et essaye de nous aider de son mieux (commande de pneu sur internet, livraison, garage…). Les grands-parents nous font à manger le midi, ce qui nous permet de goûter beaucoup de choses, et de voir leur façon de faire. La mamie est toujours à nous donner des gâteaux (on est au Japon, donc c’est de la pâte de haricot rouge sucrée entourée de choses diverses : pâte de riz, beignet, brioche, gâteau au matcha, chou…) et autres sucreries, en plus des repas qu’elle prépare. Du riz est constamment prêt si on a faim, et elle nous fait des choses différentes quasiment chaque jour, c’est génial. Le papi a l’air de faire beaucoup de blagues, fait du dessin (il nous a même offert un dessin d’au revoir), prépare les fruits de mer. Nous profitons de la présence du four (youpi !) pour leur faire goûter des quiches, gâteaux et gratins « à la française », ce qui ravit la mamie !

C’est vraiment super enrichissant de vivre avec la famille et de partager ces moments avec eux, de découvrir leurs façons de faire. Ça entraîne souvent des rires, parfois des pertes de temps (dans la communication notamment, les règles culturelles et sociales régissant nos langues respectives n’étant pas les mêmes et chacun en étant conscient et essayant de traduire au mieux en anglais, ce qui mène parfois à des incompréhensions assez frappante) mais pas de prises de tête. Nous découvrons les vraies toilettes japonaises, sans tous les boutons, mais en mode « accroupi ». Nous découvrons la salle de bain japonaise : une pièce pour se déshabiller avant d’accéder à celle, entièrement carrelée, équipée d’une douchette, d’un miroir à 50cm de haut avec son un tabouret en plastique de 25cm et sa bassine (comme dans les onsen). Il y a également un bain, constamment plein et chaud ! Un bain partagé quoi ! Attention, il faut se laver avant d’y entrer, pas dedans !

Quelques recettes :

  • Les huîtres ne se mangent quasiment pas crues ici. Nous en goûtons quand même quelques-unes, mais il faut avouer que les grosses sont vraiment impressionnantes…
  • La recette simple est rapide est donc : prendre une huître, la passer 30s au micro-onde, l’ouvrir, et la manger (oui, j’ai dit simple et rapide !)
  • Lorsque des invités sont là, les huîtres sont cuites à la vapeur et mangées avec du citron
  • La chair est également panée et frite (c’est très bon ça aussi !)
  • Elles sont parfois ajoutées à des bouillons
  • Ne pas lésiner sur l’huile de sésame, la sauce soja et… la poudre magique ! Ils ont tout un tas de sachets d’épices à ajouter à de l’eau bouillante pour faire une bonne sauce.
  • Les sashimis : poisson frais coupé en morceau, avec une jolie présentation sur son bateau en bois et son lit de daikon (radis) râpé, qu’on ne mange pas en général (pour les hôtes)
  • Salade de concombre de mer : coupé en fines lamelles avec du vinaigre, de la poire japonaise/chou/carotte/kiwi … Le papi mange aussi une partie de l’intérieur… brrrr. La consistance est très particulière : c’est très visqueux et dur en même temps. Les touristes chinois en raffolent apparemment (pour les hôtes)
  • Le crabe : en sashimi, cuit à la vapeur, dépiauté, farci, ou seulement les pinces à faire cuire dans le « hot pot » ou « chabu chabu », un bouillon de légumes/tofu qu’on laisse chaud au milieu des convives (pour les hôtes)

4 réflexions sur “Kumihama Bay – la vie d’aquafarmer

  1. Bonjour les jeunes, c’était un reportage culinaire, aussi intéressant qu’appétissant ..Je suis votre périple toujours avec le plus grand intérêt. Hier, Françoise est venue nous donner un coup de main avec les jumeaux de Stéphanie (partie à Paris chercher Nicole, panne de voiture, vive les blablacars) qui sont adorables mais assez remuants. Les petits étaient ravis ! Bonne continuation et déjà bonnes fêtes de Noël ! Je suis curieuse de savoir si et comment ça se fête au Japon..Bises Barbara

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  2. Salut les aventuriers vraiment passionnant que d’être accueilli comme ça dans une famille pour voir la manière de vivre à la japonaise.
    Vos description de plats japonais me mette l’eau à la bouche surtout le concombre de mer j’aimerais goûter mais d’après vos commentaires ça n’a pas l’air terrible mais néanmoins il faut essayer si vous pouviez faire quelques images de plats réalisés avec du concombre de mer pour que je me rende compte ce que ça donne ainsi que la taille des huîtres géantes je compte sur vous grosses bises bonne fête de fin d’année.
    Fred

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  3. Coucou les cousins !
    Nous qui sommes frileux et qui revenons à peine des tropiques, votre anecdote décrivant le chauffage nous a fait mourir de rire mais froid dans le dos. Mais on a toujours autant de plaisir à voyager à travers vos longues et passionnantes descriptions.
    Bonnes fêtes et bonnes découvertes culinaires,
    Bises
    Jérôme

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