Confinement jour 1

Un jour, une rencontre, une photo

In English below the photo

GERHARD

Avant de partir, nous avions demandé autour de nous des contacts dans les pays où nous allions voyager. Pour rencontrer des gens, bien sûr, et un coup de main en échange de leur accueil, si nous pouvions leur être utiles.

Les parents de Sylvain avaient une amie qui avait un cousin qui habitait sur les îles Lofoten, en Norvège, paradis de la rando et de l’escalade. « Vous verrez, c’est quelqu’un de très cool, il trouvera bien quelque chose à vous faire faire, couper du bois par exemple ». Nous avions son numéro et l’avions contacté pour lui dire que nous viendrions au mois de juin, mais nous ne savions pas exactement quand. « Pas de problème, je devrais être à la maison, tenez-moi au courant une semaine avant votre arrivée ».

Quand nous débarquons aux îles Lofoten, nous allons directement chez lui, pas loin de la ville principale. Une route en cailloux, débouchant sur un petit chalet de bois au milieu des arbres.

Gerhard est allemand, et habite en Norvège depuis plus de 30 ans. Il est charpentier, mais possède plusieurs cordes à son arc : enseignement de l’anglais, de la musique, guide touristique, et toutes sortes de travaux de construction. Il a construit sa maison de ses propres mains, recherche constamment à l’améliorer, et il peut en être fier.

En arrivant aux îles Lofoten, qui n’ont rien à voir avec ce qu’elles sont aujourd’hui (un lieu touristique essentiellement), il voulait vraiment s’immerger dans la vie locale. Il a donc travaillé tout un hiver sur un bateau, à pêcher la morue. Un travail pénible et physique, qui a façonné l’histoire de l’île et ses habitants, au point que sa devise serait « In Cod, we trust » (cod = morue) en référence à la devise américaine « In God, we trust ». Blague ou vérité ? Personne ne le sait vraiment.

Nous arrivons chez lui après un mois de randonnées en Norvège. La première chose que l’on fait, après bien sûr les présentations, c’est de lancer 3 machines d’affilée. Puis, Gerhard nous sort ses cartes des îles, et nous fait un exposé de tout ce que l’on peut y faire. On a l’impression d’être dans un office de tourisme ! Nous ne sommes pas habitués à être pris en charge ainsi. Il nous explique qu’il a été guide pour des tours organisés pendant de longues années, mais qu’au bout d’un moment, ce boulot l’a fatigué … de plus, les îles étant de plus en plus touristiques, beaucoup de personnes lui ont été envoyées, et on sent qu’il a eu parfois le sentiment d’être pris pour une agence de voyage. On se sent un peu gênés, car, même si on est très contents d’avoir toutes ces infos « de l’intérieur », on ne veut pas qu’il se sente utilisé. On ne veut pas non plus empiéter sur son temps personnel, mais on sent aussi qu’il veut que l’on soit bien et que l’on ait tout ce dont on a besoin. Comme nous sommes à la recherche d’informations sur les possibilités d’escalade dans le coin, il se plie en 4 pour nous, en plus de nous emmener pêcher, visiter le petit village touristique de Henningsvær et de goûter la spécialité locale, les känelbullar (viennoiserie à la cannelle).

Nous qui nous sommes débrouillés seuls jusque là, on est flattés, et gênés car on ne sait pas s’il le fait par pure politesse ou pas ! Pour compenser, on fait des petits plats français (Sido est bien contente de pouvoir utiliser un four) et on sort quelques bouteilles qu’on a emportées depuis la France. On passe de très bonnes soirées à discuter de nous, de lui, des problématiques de la société actuelle … on voit en lui un homme qui a décidé de ne pas suivre la tendance classique, et on se retrouve sur pas mal de sujets. On se quitte sur un repas gargantuesque de … morue, bien sûr !

Forts de ces moments et de toutes les informations qu’on a pu glaner sur l’escalade dans les îles (un vrai paradis), on part pour 10 jours. Au bout d’une semaine, Gerhard nous envoie un message : « J’espère que vous êtes encore sur les îles, parce que ce sont les deux plus belles semaines de toute l’année ! ». On ne regrette pas de prendre notre temps. Nous y avons fait, pour l’instant, les plus belles randos et ascensions du voyage.

Avant de repartir (nous sommes arrivés par le centre en ferry, descendus vers le sud-ouest, et nous repartons par le nord-est par la route), nous repassons chez Gerhard. On ne sait pas s’il n’avait pas osé avant ou pas, mais il nous demande un service, chose que nous lui avions proposé depuis le début : repeindre le toit de sa maison. « C’est le bon moment je crois, et ça me rendrait un fier service ». Qu’à cela ne tienne, on reste 2 jours de plus ! On est heureux de pouvoir faire quelque chose pour lui. On se sent un peu mieux, et on le sent plus détendu.

Pour faire la peinture, il m’avait prêté un de ses t-shirts qui ne lui allait plus. Avant de partir, il me dit que ce t-shirt lui avait été offert par son neveu, et qu’il aimerait qu’on lui envoie une photo dans chaque pays traversé pour lui faire un album. On accepte, bien sûr.

C’est ainsi que l’on repart vers d’autres aventures, le cœur réchauffé par le soleil, et par cette nouvelle amitié.

Before we left home, we asked around us if they knew people who would be interested in meeting us, and whom we could help out if needed. Sylvain’s parents have a friend whose cousin lives on the Norwegian Lofoten islands, a paradise for hikers and climbers. « He’s very cool you’ll see, and I’m sure he’ll find something for you to help him out with, like cutting wood for example ». We got in touch with him when we knew more or less when we would come. He said he should be home at that time (around June). We went straight to his home when we arrived. His house was at the end of a gravel road, a wooden cozy house in the middle of high trees.

Gerhard is German, he has lived in Norway for more than 30 years. He’s a carpenter but has many other skills : English and music teaching, tourist guide, and anything that involves working with one’s hands. He built his own house and is always improving it, making it a very beautiful house. When he came here, he wanted to experience the local life. Thus, he worked on a cod fishing boat for a whole winter. A harsh job, that shaped the people and history of the islands. Somewhere we saw that their motto was « In cod, we trust » in parallel with the American motto « In God, we trust ». Is it true or not ? No idea.

We arrive at Gerhard’s house after a month of hiking in Norway. First thing we do, after obviously introductions, is laundry.  Then, he shows us maps of the islands and, just like at the tourist office, indicates us all the places and things to see. We are not used to being taken care of like this ! He explains that he was a tour guide before, but got tired of it. What’s more, tourism has developed a lot in the last decades and many people were sent to him, and, as nice as they could be, we felt that he has sometimes felt a bit like a tour agency. With that impression, we felt a bit awkward because it is not our intention, although we are happy to have all this information. We don’t want him to feel taken advantage of, or take too much of his time. At the same time, it looks like he wants us to have every thing we need. He really bends over backwards to get us climbing guidebooks – as it is our main concern – but also takes us fishing, visiting the village, etc … We feel very grateful and also embarrassed that he puts so much energy into it, and we would like to help him out somehow. So Sido bakes French dishes (she’s happy to have the use of an oven after these months without one actually), and we share some good bottles we brought from home. We spend some good times eating, chatting about many topics we share an interest on. We see in him a man who has decided of his own path, so we can only agree on some things. We part ways on a gargantuan meal of … cod, of course !

One week later, we receive a message « Guys, I hope you’re still on the islands, this is the most beautiful week we’ve had all year ! ». And we are still, hiking and climbing, actually the best we’ve done so far on the trip.

Before leaving the islands, we go back to Gerhard’s place. And this time, he has something to ask us : a hand or two to paint his roof. « It’s the right time and it will help me a lot ». We are happy to do something useful for him, we feel slightly better and we feel our relationship is more balanced and relaxed like this.

He gave me a t-shirt that didn’t fit him anymore for painting. Before we leave, he asks us if we can take pictures with it in every country we go to, because he was offered this t-shirt by his nephew and want to make him a round-the-world album with it. We say yes, of course.

This is how we met Gerhard, and that we leave to continue our trip, heartened by the sun, and this new frienship.

Une réflexion sur “Confinement jour 1

  1. Super belle histoire j’espère que la suite de votre voyage de te rends pas trop affectee par cette saloperie de virus gros bisous Fred

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