Confinement jour 4

Un jour, une photo, une rencontre

In English below the picture

VANESSA et DRENNIK

Finlande, juillet 2019.

Nous fuyons la forêt finnoise en quête d’un peu de vent pour éviter les moustiques. Nous arrivons près d’Oulu, au bord de la mer Baltique. Grâce à l’application park4night, on déniche un parking en cailloux avec une petite plage, les commentaires sont très positifs. En arrivant sur place, quelle n’est pas notre surprise de trouver un van immatriculé 73 (Savoie) déjà sur le spot ! Ils nous ont repéré aussi et la conversation s’engage tout de suite. Vanessa, postière en Maurienne, et Drennik, agent d’exploitation dans une société de transport, sont partis à peu près en même temps que nous, en embarquant leur magnifique Samoyète, Lezzio, dans leur voyage à travers l’Europe. Ils ont choisi de rester dans l’espace Shengen pour ne pas risquer de devoir se séparer de ce dernier (certains pays imposent des restrictions, et il y a un risque de mise en quarantaine voire d’euthanasie !).

Ils ont emporté avec eux une cargaison d’un petit vin blanc de Savoie, fait par une de leurs connaissances. Après plusieurs mois à la bière en canettes, on est bien contents de partager une bouteille avec eux sur la petite plage attenante au parking !

Le courant passe très bien, on ne s’arrête pas de parler. Après la Norvège, où nous avons rencontré peu de voyageurs, c’est fou le bien que ça nous fait de partager les anecdotes, mais aussi les petits soucis du quotidien. On est très différents, et on ne les aurait probablement pas rencontrés si on était restés chacun dans notre petite vie, mais le voyage nous rapproche plus qu’on ne l’aurait imaginé.

On suit plus ou moins la même route, et on finit par se retrouver plusieurs jours de suite, pour se poser (on prend tout d’un coup conscience qu’avant cela, on n’était pas vraiment restés plus d’une journée au même endroit, sauf pour les randos !) et prendre beaucoup d’apéros !

Ils sont tous les deux de bons vivants, Vanessa avec son franc-parler, et Drennik, plus effacé, sans pour autant manquer de dynamisme, qui accorde une grande importance à son bain quotidien. Leur attitude relax nous fait le plus grand bien, après ces plusieurs mois (pas moins géniaux pour autant) de randos à gogo et de vigilance budgétaire, où les apéros étaient plus que restreints.

Lors d’une soirée en compagnie d’un couple finlandais nous ayant invités tous les 4 spontanément chez eux, on découvre un autre aspect de leur couple : si c’est Vanessa qui a un fort caractère, en anglais, elle a tendance à s’effacer derrière Drennik, qui a un meilleur niveau. Elle devient timide et mal assurée … quel dommage, quand on la connaît dans sa langue d’origine ! On voit les conséquences du système français d’enseignement des langues, qui nous apprend plein de mots et de règles grammaticales, mais pas tellement à nous débrouiller en situation ! Elle en est elle-même conscience mais reprend un peu confiance dans les quelques situations où elle s’est trouvée seule à devoir se débrouiller, et qu’elle y est arrivée !

Ils ont opté pour un van plus petit que le nôtre, avec une réhausse, qui passe sous les barrières à 2m qu’on rencontre à beaucoup d’endroits. Il faut donc déplier le canapé et le lit tous les soirs. Leur chien dort en bas, ou dehors. Quand l’un cuisine, il faut que l’autre se trouve une petite place et n’en bouge plus ! Nous qui apprécions notre confort, on se demande ce que ça doit être de vivre comme cela. On comprend qu’à la longue, ça les fatigue aussi, et qu’ils seront contents de retrouver leur appartement en Maurienne !

On visite Helsinki aussi avec eux, et on est surpris par leur succès grâce à Lezzio ! Il faut dire qu’il est vraiment très mignon, avec ses grands poils blancs tout doux et son sourire aux lèvres. Vanessa nous explique quand même que parfois, elle est dérangée par l’attitude des gens, qui s’adressent directement à son chien sans lui accorder un regard, qui prennent son chien en photo quand elle a le dos tourné, ou qui s’approchent de lui sans savoir s’y prendre, car c’est tout de même un gros chien. Agacée aussi par ceux qui en ont peur ou une moue réprobatrice, car il est quand même plutôt gentil !

On se quitte sur une soirée presque réussie, d’abord dans un bar (il n’y a plus de vin blanc !) au bord de l’eau, avec le propriétaire qui amène de l’eau à Lezzio, lui prodigue des caresses et nous offre des Jägerbomb, puis à chercher un restaurant sous la pluie, qui accepte les chiens. Malheureusement, on n’en trouvera pas à chaque couple finira sa soirée dans son coin !

On reste en contact via Facebook et leur compte Instagram, en se donnant des nouvelles de temps à autre. C’est étrange à chaque fois de se dire qu’on était au même moment au même endroit, et que quelques mois plus tard, on se retrouve au Japon et eux en Albanie, ou qu’ils sont confinés au Maroc quand on l’est en Malaisie !

On s’est promis de se revoir de retour en France, après tout, ils ne sont pas loin de notre point de départ …

Merci à vous trois pour cette petite pause dans notre périple qui nous a fait du bien, et qui sait, avec ce coronavirus, on rentrera peut-être en France plus tôt que prévu … A bientôt les copains !

Finland, july 2019.

We flee from the Finnish forests and their mosquitoes towards the coast. In Oulu, along the Baltic Sea, we find a park4night spot on a gravel space next to a beach. When we get there, we have the surprise of finding another French campervan on the same spot ! They’ve spotted us and we start to chat. Vanessa is a mailwoman and Drennik an operations manager in a transportation company. They left home at about the same time as us, and took with them their dog, Lezzio, a splendid Samoyete. They’re going through the Shengen zone, because they don’t want to risk having to leave their dog behind (some countries restrict entry to animals and can quarantine, even euthanise them if they decide to).

In their van, they have a stock of a good white wine from Savoy, from a friend winemaker. After a few months of canned beer, we are so happy to share a bottle with them, on the beach next to the parking lot !

We get along well, the discussions never stop. After travelling in Norway, where we didn’t meet so many travellers (there were too many), it feels really good to share stories and everyday vanlife things. We are very different, and our paths would probably have never met if we all had stayed where we were, but travelling brought us closer, more than we could imagine.

We follow the same route, so we end up meeting in several places to camp and for drinks ! This is when we realise that we haven’t been so good at resting and taking our time, and this « forced break » is really beneficial for us !

They are both « bon vivant », Vanessa with her frankness and Drennik, a little more quiet but energetic, and the importance he gives to his daily bath. Their relaxed attitude is contagious, and does us a lot of good after the last few months of intense hiking and budget restricting in one of the most expensive countries of the trip.

We also discover another aspect of their couple while invited by a Finnish couple : while Vanessa is outgoing and very dynamic in her native language, in English, Drennik is the one who comes out. It’s such a shame to see her become so shy, only because our language teaching system does not teaches how to actually interact with foreigners ! She’s well aware of it but is determined to improve, as she already saw in some situations that she can communicate.

Their van is smaller than ours, which allows them to go everywhere (in many places in Europe there’s a 2m barrier), but forces them to fold and unfold the couch and rooftent and to deal with the little space they have inside. We are happy to have a bigger living space, and we understand that they will be happy to live in an apartment again, although they do enjoy their trip !

We visit Helsinki with them, and are surprised by how popular you can be with a (very) cute dog. Some people don’t even talk to Vanessa, or take pictures without asking her, and she also has to deal with careless people who think that a cute dog will obviously like being cuddled.

One last evening with them, that could have been a success, as it started in a dog-friendly bar along the sea, but we couldn’t find a restaurant that would accept them. So this is how we left each other, each couple its way to go, with the promise of seeing again back at home ! We’re still in touch and it’s funny to think that we were at the same place at the same time, but that when we were in Japan harvesting oysters, they were freezing in Albania, or that they are contained in Marocco while we are in Malaysia ! Thank you guys for these good times, and see you  soon (maybe earlier than planned, with the coronavirus) !

Une réflexion sur “Confinement jour 4

  1. Chers SiSy, nous ne ratons pas un des épisodes de votre périple. Nous vous sommes toujours très reconnaissants de nous offrir ce partage tout à fait enrichissant, dans langage de belle proximité et de réelle convivialité.
    Le puzzle des éléments « géographico-anthopro-ethno-naturels … » que vous nous proposez prend forme à travers le filtre de vos propres personnalités.
    Et puis, confinement oblige, Pam fait silence, vos pas sont suspendus. Alors, vous ne livrez aucune guerre arithmétique au temps, vous l’accompagnez en faisant revivre certains des meilleurs moments de votre voyage. Poursuivez votre expérience dans le même esprit …

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