Confinement jour 6

Un jour, une rencontre, une photo

ANNE et RUIRT

Mongolie, septembre 2019.

Sylvain s’est enfin remis de sa maladie (sans gravité), après deux passages à l’hôpital et plusieurs jours de convalescence à Ölgiy, notre première étape dans l’Altaï mongol. Nous avons réussi à repousser notre tour de 5 jours dans l’Altaï, et nous sommes partis avec un 4×4, un chauffeur, une cuisinière et un guide. Après deux journées de 4×4, nous arrivons au « camp de base » du Mont Malchin, que l’on est sensés grimper le lendemain.

Nous voyons arriver un cavalier, puis un cheval chargé de bagages, enfin un couple de marcheurs derrière. Ils nous saluent avant d’aller installer leur camp. Le temps d’une petite sieste, ils sont en train de boire le thé avec Sylvain. Je les rejoins. On bavarde pendant quelque temps, ils ont l’air très sympathiques. Anne et Ruirt sont néerlandais, ils sont partis à peu près en même temps que nous pour un tour du monde d’un an en sac à dos. Après être passés par l’Asie centrale, ils sont en Mongolie pour un mois. On est un peu jaloux de la formule qu’ils ont trouvé : 9 jours à cheval avec un guide, moins cher et plus « simple » que notre tour de luxe. Ensuite, ils veulent, comme nous, continuer vers le désert de Gobi. On pourrait faire un bout de route ensemble … On échange nos numéros respectifs en se donnant rendez-vous à leur retour à Ölgiy, car à cheval et à pied, ils mettront plus de temps que nous.

Anne est psychologue dans un établissement s’occupant de jeunes ayant des problèmes d’addiction, et Ruirt, ingénieur en contrôle qualité de systèmes électroniques. Ils habitent à Utrecht, sont nos cadets d’un ou deux ans, se sont rencontrés grâce à leur club de basket, et aiment la bonne bière !

De retour à Ölgiy, on les revoit autour d’un repas, puis d’une des bières à peu près correctes du coin. On décide, autant qu’eux décident, de les embarquer avec nous, en se disant que si ça ne colle pas, il y a des villes sur la route où on peut les laisser continuer leur chemin. Au début, on les sent un peu distants, et on ne sait pas si cela fait partie de leur personnalité, s’ils nous jaugent avant de se lâcher, ou s’ils ne nous apprécient tout simplement pas plus que ça ! On se sent de plus en plus proches au fur et à mesure quand même 😊

Au début, la route est facile, on trouve de beaux bivouacs où ils plantent notre tente à côté du camion (ils ont choisi de ne pas en acheter une pour ne pas s’encombrer). Puis, on doit affronter quelques contournements de la route en construction, plutôt hasardeux, où l’on passe des rivières, on s’embourbe dans le sable, et on roule très très lentement. Ils nous proposent gentiment de nous relayer pour conduire, et on est soulagés d’accepter, même si nous n’avons pas l’habitude de confier Pam à d’autres mains !

Au bout d’une semaine, on a atteint Bayanhongor, où nous prévoyons de bifurquer vers le désert de Gobi. Si quelqu’un a un doute, c’est le moment de l’exprimer, parce qu’après, on ne se quitte pas avant une semaine, de l’autre côté du désert ! Un petit point, rapide, et on est tous d’accord pour continuer la route. Entre temps, on a pris des habitudes, et une petite routine s’est installée entre nous. Tout en respectant notre mode de vie, ils ont su se faire une place parmi nous. Nous, on est heureux d’avoir des compagnons de route, chose qui ne nous est pas arrivée si souvent. La « route » vers le désert de Gobi est longue, et il est difficile de savoir si Pam sera suffisamment en bon état pour la passer sans encombre. On passe de longues journées à conduire à l’allure d’un escargot, et pas une seule fois y a-t-il eu un éclat de voix entre nous, malgré la promiscuité et le stress. Ces longues heures nous auront aussi permis de nous connaître beaucoup mieux, et on s’étonne encore que le trajet se soit passé aussi naturellement.

On vit quelques aventures dans ce désert, que j’ai déjà relatées dans un article consacré. Une fois cette grosse étape passée, ils filent à Ulaanbataar, la capitale, avec un bus rapide, pendant que nous prenons notre temps. On les rejoint quelques jours plus tard, ayant réservé une chambre dans la même maison d’hôtes qu’eux, et on passe encore quelques jours en leur compagnie, à profiter du confort de la ville (bars, restaurants, etc).

Comme avec d’autres, on semble avoir du mal à se quitter : ils font un faux départ, leur vol pour le Népal comprend une escale dans un aéroport chinois qui ne délivre pas de visa de transit (obligatoire). On les revoit donc encore une fois, mais cette fois, ce devrait être la dernière avant leur envol !

On se donne des nouvelles régulièrement, après le Népal où ils ont pu profiter des beaux treks qu’offre ce pays, ils ont loué une voiture pour sillonner l’Afrique du Sud, et sont allés en Argentine et au Chili où ils sont maintenant confinés. La question de se revoir ne se pose pas vraiment, quant à savoir le où et le quand, cela reste à déterminer !

Mongolia, september 2019.

Sylvain has finally recovered from his sickness, after going twice in a hospital and a few resting days in Ölgiy, our first stopover in the Mongolian Altai. We managed to delay our 5 days tour, and left with a 4WD, a driver, a cook and a guide. After two days of driving, we arrive at Malchin Peak base camp, which we are meant to climb on the next morning.

A horseman arrives, with a luggage-laden horse and two hikers behind. They wave at us before settling camp. Time for a little nap, when I awake, I join them for the tea they have started to drink with Sylvain. They look really nice and we chat for a while. They are both Dutch, left home around the same time as us for a one year round-the-world backpack trip. After going through Central Asia, they are in Mongolia for a month. We are a bit jealous of their tour : 9 days with a horseman guide, cheaper and simpler, we would probably have enjoyed ourselves with this kind of trip. After that, they also want to head towards the Gobi desert. We could travel together there. They give us their number, and we agree to meet back in Ölgiy, where we will be a bit before them.

Anne is a psychologist and works with teenagers with addiction problems, and Ruirt is an electronic systems quality control engineer. They live in Utrecht, are slightly younger than us, met at their basketball club and like good beer !

We meet them back in Ölgiy for a nice dinner and beers, and after that, we all decide to hit the road together. If anything is not as we expect, they can still catch a bus in a city along the road. In the first few days, we get to know each other, they are very respectful and discreet. But as time goes by, we feel closer and start to have a daily routine. We are surprised to see how naturally we have reciprocally mixed our daily lives, being used to be only the two of us (and them) all the time.

At the beginning, the road is easy and smooth, and we find nice campsites where they can pitch our tent to sleep in. Then, we face a sandy and uncertain detour, with river crossings and very sandy parts, where we can only drive very slow. We are relieved to let them drive, even though it’s not easy for us to leave Pam in other people’s hands !

After a week, we arrive in Bayanhongor, where we want to turn into the desert. Now is the time if they want to go their way, because the next town is on the other side of the latter ! We all agree to keep going together, even though we are a bit anxious about the « road » conditions and Pam’s fitness for it.

Even with our concerns, and our very slow pace, we have never argued in the whole week we spent driving all the time, with rare pauses and 3 hard-to-reach points of interest. We also had a lot of time to know each other better, and are still surprised of how smooth this journey has been !

After our adventures in the desert – we wrote a whole article about it, they take a bus for Ulaanbataar while we drive at a slower pace. We meet them again in the capital, where we spend a couple of more relaxed days, enjoying the city and its comfort.

Like with other travellers, we seem to have trouble parting ways : they make a false start by missing their plane for Nepal, because the transit visa they need to stop by China is not delivered by their transit airport ! It took a few days (and more euros) to fix this problem, but this time should be the last time we see each other before long.

We are still in touch with them, and have been following up each other’s adventures : their beautiful treks in Nepal, their overland trip in South Africa, the wonderful glaciers of Argentina and now, their containment in Chile. We don’t really doubt we will see them again, as for where and when, that remains to be defined !

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