Confinement jour 7

Un jour, une rencontre, une photo

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JOACHIM

Vladivostok, novembre 2019.

Nous avons rendez-vous avec la compagnie qui nous envoie au Japon avec Pam. On nous fait attendre un peu car un autre voyageur arrive, il est en retard car il a eu quelques soucis avec sa moto sur la route, la secrétaire n’a pas bien compris comment il est arrivé jusqu’à Vladivostok, une sombre histoire de train apparemment.

Quelques minutes plus tard, on voit débarquer Joachim : 1m90 (ou plus), blouson cousu d’étiquettes de groupes de musique ou de marques de moto, pantalon de cuir, moustache … On entame brièvement la conversation, il nous raconte ses déboires pour réussir à faire passer la frontière à sa moto. Sa voix impressionnante de stentor résonne, grave et profonde. Notre échange ne dure pas longtemps, car on a des démarches à faire au port avant de se séparer de nos véhicules respectifs. Mais dans tous les cas, on se retrouvera sur le même ferry pour Sakaiminato.

On le retrouve effectivement sur ce fameux ferry, qui est bien rempli le premier jour, de Russes essentiellement allant en Corée du Sud, puis il est quasiment vide à partir du deuxième jour (la compagnie a depuis arrêté la liaison qui ne lui rapportait pas d’argent). On partage quelques bières le premier soir, la mer est calme et on a le temps de se raconte nos vies et nos voyages. Nos langues se délient facilement, on se sent en confiance face à ce motard, dont les lunettes et les cheveux courts font contraste avec l’image du motard chevelu et bourru, que l’on attribue, sûrement à tort, aux détenteurs de Harley Davidson. On aborde beaucoup de sujets, dont certains personnels, en toute confiance, et on sent qu’il est réellement intéressé.

Ce grand gaillard d’une trentaine d’années, originaire de Paris, a émigré en Bretagne, où il a travaillé quelque temps comme ingénieur son et lumière. Quelques mois plus tôt, sa vie a fait qu’il s’est trouvé au moment idéal pour faire ce voyage en moto dont il rêvait depuis longtemps. Il a enfourché sa Harley Davidson et ne s’est pas retourné. Son trajet ressemble un peu au nôtre. Arrivé à Oulan-Bator, en Mongolie, il s’est dit qu’il faisait un peu froid pour continuer jusqu’à Vladivostok en moto. Il a mis cette dernière sur un train, a réussi à lui faire passer la frontière, non sans mal, et l’a remise dans un autre train direction Vladivostok.

Notre deuxième soirée sur le ferry s’est un peu écourtée à cause des vagues de 3,5m qui ont soulevé le bateau autant que nos cœurs, enfin, ceux de Sylvain et moi ! Joachim lui, mange tranquillement son kimchi et sirote impassiblement sa bière, puit finit les nôtres qui menacent de glisser par terre, totalement insensible au mal de mer.

Quand nous arrivons à Sakaiminato, on passe la douane japonaise ensemble, puis on prend notre premier déjeuner de sushi au petit marché du port. Pendant que nous remontons vers le nord où notre ami Hadrien doit commencer un travail un mois plus tard, il préfère les températures plus clémentes du sud, et il doit assister à un festival de moto près de Tokyo. On se dit qu’on arrivera bien à se recroiser avant de partir, environ un mois et demi plus tard !

Et effectivement, nos chemins se rencontrent à nouveau à Nara, ville peuplée de daims, que nous visitons avant de commencer notre volontariat. Une petite balade de nuit dans le parc à écouter les cris aigus et étranglés des daims, puis une bière dans un bar où les tables sont des caddies de supermarché et les chaises des tonneaux de bière, le tout éclairé de néons assez kitsch, et enfin, pour bien clôturer le tout, un bon kaiten-sushi ! Il nous raconte ses rencontres avec des motards anciens yakuzas, nous les fait découvrir sous un autre aspect, démystifiant en partie l’aura de peur qui les entoure, en nous parlant surtout de leur sens de la fête et de leur grande générosité à son égard.

On a aimé chez Joachim sa nonchalance, son aspect dur à cuire qui s’efface quand on discute avec lui et qu’on découvre quelqu’un d’éminemment gentil, son sourire en coin qui cache sa sensibilité derrière son air goguenard.

Il est actuellement en Australie et s’amuse comme un petit fou, encore épargné par la pandémie, et on lui souhaite que ça dure ! Vous pouvez le suivre sur : https://www.facebook.com/sportstouraroundtheworld/

Vladivostok, november 2019.

We are in the ferry company’s office that will take us, and Pam, to Japan. We have to wait a little longer, because another traveller is expected, but he had to fix something on his motorbike, something to do with a train that the secretary hasn’t really understood. A few minutes later, Joachim arrives : 6.2 ft tall, leather black pants and tagged jeans jacket, a moustache … but short hair, glasses and a big smile, not quite our idea of a Harley Davidson rider (but we probably shouldn’t have this kind of preconceived idea) ! We just have the time to introduce ourselves and that he tells us his misfortune while crossing the Russian border with his motorbike on a train. It is time to get the vehicles to the port, but we’ll have plenty of time to chat on the boat to Japan. And we do meet him on the ferry, which wasn’t too hard given the small number of people on it (especially between South Korea and Japan). Since then, the company has actually stopped this connexion that wasn’t profitable.

On the first evening, we have drinks together and we talk about our lives and trips. We find many topics to talk about, and on which we share our views and opinions. He has this kind look and a way of saying things that gives you confidence, like he really is interested in what you’re saying. This tall guy, originally from Paris, migrated to Britain where he started to work as a lighting engineer. A few months ago, his life came to a point when it was the time to make his dreamed round the world trip on a motorbike. He had more or less the same route as our, but he put his bike on a train in Ulaanbataar, because it would be too cold to drive to Vladivostok.

Our second evening on the ferry was shortened by the high waves, making it impossible for Sylvain and I to stand without being sick. Joachim, insensitive to sea sickness, calmly finished the beers, even though they really wanted to crash on the floor.

We pass customs and immigration together on arrival, and go for our first sushi ! We are heading north, while he plans to stay in warmer areas, and he has a motorbike festival to attend near Tokyo. We expect to see each other again before leaving. And we actually do, a month or so later, in Nara. We arrive before him, and are not surprised to hear the squeaky strangled noises of the deers in the city’s park, unlike him. Then, we go for a beer … and sushi, of course. He tells us about his unusual experience of spending time with former Yakuza men, not talking about the crime and violence but about their sense of fun and immense generosity.

That’s how we each go our way, wishing each other good luck. Joachim left a mark on our mind, with his laid-back attitude, his tough look quickly erased by his kindness, his sensitivity behind his large smile.

He is now in Australia, having much fun, still preserved from the pandemia, and we hope (without doubt) he will keep going like that ! You can follow him on : https://www.facebook.com/sportstouraroundtheworld/

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