Confinement jour 14

Un jour, une rencontre, une photo

In English below the picture

LA FAMILLE MOLLALPAGAS

Dans l’optique de traverser le Myanmar, nous formons un groupe pour un convoi de 14 jours avec un guide. Dans ce groupe, se trouve la famille Molla, rebaptisée Mollalpagas (on suppose qu’ils ont choisi ce nom lors de leur premier voyage en famille en Amérique du Sud, mais on ne leur a pas demandé confirmation !). Comme ils sont français, il est plus simple de communiquer et on s’appelle à plusieurs reprises concernant ce convoi, pour des questions d’organisation ou, quand la situation a commencé à se dégrader suite à l’émergence du coronavirus, pour réfléchir ensemble aux alternatives. On s’était bien entendus avec eux, on sentait quelques atomes crochus, et on était impatients de les rencontrer.

Quelques jours avant la traversée, c’est chose faite lors d’un bivouac en commun avec tout le groupe (9 adultes, 4 enfants). Ils arrivent dans leur « Tiny house », un chalet en bois à l’arrière d’une cabine de petit camion Mercedes, acheté en seconde main. Ils sont sur la route depuis 1 an ½, pour un voyage de 3 ans, en Europe, Asie et Afrique. Ils sont partis de Charente-Maritime pour aller vers le sud-est, la Turquie, l’Iran, puis ils sont remontés vers l’Asie centrale jusqu’en Russie et sont descendus vers l’Asie du sud-est par la Chine. Leur projet est d’aller jusqu’en Inde, puis shipper leur maison vers l’Afrique du Sud.

Sylvain, le papa, est commercial, et Audrey, la maman, est (enfin, était) institutrice. Cette dernière n’ayant pas obtenu la mise à disposition demandée, elle a démissionné de l’éducation nationale et pense déjà à plein de projets en lien avec l’enseignement pour la suite. C’est elle qui fait l’école à Anaïs, 13 ans, et Victor, 10 ans, deux « enfants » très sages, polis et agréables. Comme je le disais plus haut, c’est leur 2ème voyage en camping-car. En 2015, ils ont fait un voyage d’un an en Amérique du Sud, ce sont donc ce qu’on peut qualifier de « grands baroudeurs » !

D’ailleurs, en France, ils passent toutes leurs vacances dans leur « Tiny », autant dire que ce mode de vie leur convient bien. Et en effet, quand on rentre dedans, on se sent comme à la maison ! Quand on rentre, on est dans la cuisine, où Audrey qui fait son pain ou de bons petits plats, à droite se trouve la petite salle de bain et les toilettes sèches, puis les « chambres » des enfants (chacun son lit superposé, arrangé à leur goût pour avoir un vrai espace à eux) contre la cabine de pilotage. A gauche, une table et des banquettes, puis au-dessus le lit dépliant, qui, replié, reste un lit une place pratique. Tout est en bois, il y a beaucoup de placards et de rangements pratiques.

On n’a pas de mal à trouver des sujets de conversations, et on finit souvent par parler en français lorsque le reste du groupe n’est pas présent. On est contents d’avoir retrouvé des copains d’apéro, et leur réserve de bière n’a pas l’air de s’amenuiser … On partage tout simplement nos repas respectifs, et on sent qu’ils font attention à ne pas prendre plus qu’ils n’apportent. Les enfants sont très disciplinés et ne font rien qui ne leur soit pas autorisé. On est impressionnés par leur bonne éducation ! Victor aime utiliser ses mains, il est toujours en train de tailler un bout de bois, de ramasser des plantes, il est très enjoué et pose des questions précises et parfois surprenantes. Anaïs, plus calme, jongle, coud, fait des bracelets, elle est adorable et très mature pour son âge. Tous les deux sont de redoutables adversaires aux jeux de société ! Quant aux parents, ils font très sérieux et prévoyants, avec une répartition des tâches qui nous fait penser à la nôtre : Sylvain s’occupe de la mécanique et l’entretien de la Tiny, Audrey de la cuisine et de l’école. Sylvain a un côté pince-sans-rire, il est direct et efficace, tandis qu’Audrey respire la tendresse et l’attention.

Le revirement de situation au moment de passer la frontière birmane met fin à ces quelques jours de repos et de partage qui nous avaient manqué. Chacun doit prendre ses décisions en fonction de son niveau de stress et ses priorités, ses intuitions et son budget. On se sépare lors de notre départ vers le sud de la Thaïlande, tandis qu’ils restent réfléchir à la suite, et qu’ils arriveront finalement avant nous en Malaisie. On les rejoint quelques jours plus tard, pour un bivouac rallongé de 3 jours au bord d’un lac. On n’avait pas prévu de rester aussi longtemps, notamment parce qu’on n’avait pas envie de trop les envahir, mais en leur ayant fait quelques allusions, on décide de les croire quand ils nous disent que ça ne les dérange pas de nous avoir avec eux.

On est un peu plus détendus et ces 3 jours seront essentiellement consacrés à nous remettre de nos émotions, profiter de l’endroit, échanger (quand même) sur la suite, s’occuper de nos montures et découvrir les talents des uns et des autres (artistiques, culinaires …). Anaïs et Victor nous font découvrir des jeux de société auxquels ils nous battent à plate couture. C’est aussi avec eux qu’on fêtera mon anniversaire en grande pompe : la crêpière est sortie, le champagne aussi. Ils me font même la surprise de m’offrir des cadeaux : un porte-clés avec une pierre du désert de Gobi fait par Victor, et une jolie carte décorée avec une citation par Anaïs. De gentilles attentions qui montrent le grand cœur de cette famille !

Nos routes se sont croisées une troisième fois au moment du confinement annoncé en Malaisie : nous avions pensé le passer ensemble, dans les hauteurs des Cameron Highlands. Une soirée de stress pour tous les 4 (nous n’avons pas vu Anaïs et Victor qui sont restés sagement dans la Tiny) à essayer de trouver un endroit pratique. Finalement, nos besoins étant différents, nous nous sommes installés à des endroits différents. Le 26 mars, ils ont décidé de prendre un vol pour la France, laissant leur maison en gardiennage, et ils sont aujourd’hui installés dans la maison d’amis en attendant que ça passe, et de reprendre leur voyage, en Europe probablement.

Une belle rencontre qui nous a marqués. Soyons honnêtes, on les admire un peu, et leurs expériences nous ont inspirés !

Retrouvez-les sur : www.lesmollalpagas-encavale.com

They were part of our convoy meant to cross Myanmar in 14 days with a guide. We suppose that their name was formed duing their first family trip in South America. We had them on the phone a few times before actually meeting, and felt that we would get along.

We met a few days before the crossing when we all camped at the same spot (9 adults and 4 kids). They arrive in their Tiny house, a wooden chalet in the back of a small secondhand Mercedes truck. They’ve been oan the road for a year and half, and plan to travel one more year and half, in Europe, Asia and Africa. They started in Vendée (France), whent south-east through Turkey and Iran, drove up to Central Asia until Russia and crossed China to reach South-East Asia. Their plan, after Myanmar, is to go to India and ship from there to South Africa.

Sylvain, the dad, is a salesrep, and Audrey, the mum, is (was) a primary school teacher. She didn’t obtain a 3 years leave, so she quit the national education system, but she already has lots of projects for the future, related to teaching. She does the homeschooling with her 2 children : Anaïs – 13 y/o and Victor – 10 y/o, who are both very quiet, polite and good company.  As I said before, this is their 2nd family trip – the first one, with a campervan in 2015, lasted a year, so we can qualify them as roadtrippers !

But not only do they travel, they also spend all their holidays in their Tiny house. So this lifestyle apparently suits them well. Indeed, when you enter their Tiny, it feels like home. You enter in the kitchen where Audrey often makes bread or cooks delicious meals, on your right is a small bathroom and a dry toilet, then, behind the driving cabin, are the kids’ bunkbeds – just big enough for a bed, but they have their own space that they can appropriate and decorate. On the left is a table with 4 seats, and above is the foldable parents’ bed, that makes a nice resting area when folded. Almost everything is wooden, with lots of storage.

We don’t have trouble finding chatting topics, and we often end up speaking French when the rest of the group is not involved. We are also happy to have « apéro » (drinks, but not only) friends, and their beer stock doesn’t seem to shrink. We very simply share each of our meals, and we notice that they never take more than they bring on the table. The kids are very respectful and never do something they haven’t been authorized to. We are impressed by their good manners ! Victor is a handy person, he is always carving a piece of wood, collecting herbs, he’s very cheerful and asks precise and something surprising questions. Anaïs, quieter, likes juggling, sewing, making bracelets. She is lovely and very mature for her age. And they are both formidable opponents are board games ! The parents are very serious and responsible, with a tasks distribution that reminds us ours : Sylvain is in charge of the mechanics and maintenance, while Audrey cooks and teaches. Sylvain has a deadpan humour, he is direct and efficient, and Audrey is all tenderness and attention.

The situation U-turn for our Myanmar crossing puts an end to the few days of rest and sharing that we really enjoyed. Each one of us must make his own decisions, according to their stress level, their priorities, intuitions and budget. We go south of Thailand while they stay a few days longer with the others, but in the end, they will be sooner than us in Malaysia. We meet them again for a few days rest on a lakeside. We hadn’t planned to stay very long, especially since we didn’t want to invade their space, but in the end, we decide to believe them when they say they don’t mind us staying.

This nice 3 days break were spent recovering from the last days stress, enjoying the place, talking about what was coming, taking care of our homes and vehicles, discover everyone’s talent. Anaïs and Victor make us discover new games and beat us harshly. We also celebrated my 31st birthday with them, with crepes and champagne ! They even get me some presents : a keyring made by Victor with a Gobi desert stone, and an artisty birthday card with a quotation from Anaïs. Attentions that show how big this family’s heart is !

We met one last time when the containment was announced in Malaysia : we thought about spending this time together in the freshness of Cameron Highlands. A stressful evening for the 4 of us (Anaïs and Victor stayed in the Tiny) to try to find a place. In the end, our needs were different and we settled in different places. On the 26th of March, they decided to fly back home, leaving their house in storage. They are now staying in a friend’s house back at home, waiting for things to settle down and continue their trip.

We are very happy that we met them. Let’s be honest, we admire them somehow, and their experiences have inspired us !

You can follow them here (in French) : www.lesmollalpagas-encavale.com

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