20 jours de confinement et retour au bercail

English summary : as said before, we are staying at a traveller Malaysian biker’s house. We are lucky to have a « real » house with all amenities. The neighbourhood is quite friendly despite a few noisy people, and there are grocery stores around. The lockdown becomes stricter as time goes by. Containment is announced until at least April 14th. We are not as bored as we thought we would be and keep ourselves busy. We follow the news everyday, in Malaysia and the world. At first, we were thinking of staying here until things calm down – our visa runs until mid-June, but in the end, we decided to go back home, because we think that things will probably not get better in the area within 1 or 2 months, and all the other options we thought of are either very expensive or very uncertain. We bet on the fact that things will calm down at home in a few months and we can keep travelling for a few months. So we are taking off on Wednesday 8th from Kuala Lumpur ! We will let you know when we are home and safe 😊

18 mars – 7 avril

Nous vous avions laissés sur notre arrivée à Batu Gajah, dans l’Etat de Perak, au centre-ouest de la Malaisie. Nous sommes hébergés dans une maison prêtée par Amzah, un motard malaisien voyageur, contacté via des groupes Facebook de voyageurs. Il vit dans une autre maison et vient rarement dans celle-ci qui est plus proche de ses plantations de palmiers. On se sent vraiment chanceux, car il nous la met à disposition gratuitement (même si on essayera de le dédommager d’une manière ou d’une autre si le confinement dure), et ça aurait été difficile de passer un mois (au minimum) dans Pam, même si on s’était trouvé un petit coin de verdure.

Nous sommes dans un petit quartier résidentiel peuplé de Malaisiens, d’Indiens, de Chinois. Rester à l’intérieur ne s’avère pas aussi insupportable qu’on le pensait au départ, même si cela nous fait bizarre après un an à bouger tout le temps. C’est fou comme l’être humain s’adapte … Il faut dire que nous n’avons pas les inconvénients du travail, de faire garder les enfants … Et le gouvernement malais ne pousse pas au point de demander des attestations pour les déplacements.

On s’installe petit à petit dans cette maison et notre routine : lecture, rédaction d’articles, lessives, un peu d’entretien physique, un peu d’entretien du jardin, jeux vidéo, confection de pains et gâteaux (le pain de mie disparaît rapidement des étagères des épiceries), préparation des repas, suivi des informations nationales et internationales, émissions consacrées au virus et à d’autres sujets qui nous intéressent, appels aux proches …

Les premiers jours, nous étions un peu frustrés car nous avions l’impression que beaucoup de personnes continuaient à sortir, et on se sentait un peu idiots de rester à la maison. Mais rapidement, le « movement control order » décrété par le Premier Ministre s’est renforcé. Seuls les services essentiels continuent de tourner, les restaurants peuvent faire des livraisons ou des plats à emporter, le nombre de personnes autorisées dans les magasins est réduit, et on ne peut circuler qu’à une personne à la fois. Le port du masque est fortement conseillé également.

On est en pause, on passe le temps en essayant de faire des choses utiles, qui nous apprendront quelque chose. Il fait chaud la journée, mais les averses de fin de journée refroidissent un peu l’atmosphère. Certains voisins font du bruit tard la nuit, d’autres tôt le matin, les nuits sont parfois un peu difficiles.

Plusieurs supérettes nous procurent des aliments de base, un petit maraîcher passe tous les matins derrière la maison. Il y a un grand supermarché à 10km de là, mais nous n’y avons plus accès depuis que l’on s’est fait refouler au barrage policier nous disant qu’on pouvait faire nos courses plus près. Il y a une fontaine à eau potable tout près, et deux supérettes, dont une à laquelle on ne va plus depuis que le gérant m’a accusée de vouloir le voler ! Méfiance trop grande face à mon sac de courses dans lequel il a cru que je dissimulais des articles, méfiance devant mon air européen et l’absence de masque sur mon visage ? Nous ne le saurons jamais et ne chercherons pas plus loin ! Des anecdotes peu glorieuses nous parviennent d’autres voyageurs, dans d’autres pays, mais nous ne pensons pas qu’il y ait de sentiment anti-étrangers ici. D’ailleurs, les quelques voisins qui commencent à nous connaître sont tout à fait sympathiques, et les sourires malaisiens se devinent encore derrière les masques.

Quant à la suite, on l’envisage sans trop l’imaginer. Impossible de savoir où le monde en sera dans 2 semaines ou 2 mois. Nous n’avons pas très envie de rentrer tout de suite … L’ambassade de France en Malaisie a mis en place une cellule de crise, nous avertissant que le vol du 26 mars vers Paris serait « le seul » organisé par le gouvernement français, et nous n’étions pas prêts à rentrer.

Nous avons le droit de rester en Malaisie jusqu’à mi-juin, et d’ici là, nous espérons que le confinement sera terminé. Nous voulons attendre un peu avant de prendre une décision drastique, mais avons d’ores et déjà laissé tomber notre plan initial de rentrer par le sud de l’Asie, l’Asie Centrale et l’Iran, la Turquie. Nous privilégierons un shipping + vol dans un pays qui nous accepte, qui nous permette de rentrer par la terre ou par bateau sans trop de frais. Cependant, si d’ici mai-juin, la situation globale n’a pas beaucoup changé, nous nous verrons obligés de rentrer en France. Nous nous efforçons de commencer à l’envisager pour ne pas le vivre comme un échec, bien que nous sachions que ce ne sera pas de notre fait.  

Et puis, les jours passant, on craint que le confinement ne dure beaucoup plus longtemps que prévu. Si la Malaisie a des équipements médicaux plus que corrects, le confinement risque d’être rallongé d’au moins quelques semaines, et les frontières des autres pays de ne pas rouvrir de sitôt …

Le 2 avril, un mail de l’ambassade nous décide : des vols sont encore programmés vers la France. On achète des places pour le 8 avril. Il nous reste quelques jours pour nous préparer : obtenir une attestation auprès de l’ambassade pour aller jusqu’à Kuala Lumpur, organiser le stockage et le futur shipping de Pam vers la France ou l’Europe (un contact bien connu des Overlanders a déjà 3 véhicules français en gardiennage et s’occupe de toutes les démarches), trier les affaires qu’on laisse dans le van et celles qu’on prend avec nous, organiser notre arrivée en France, notre confinement … Etrangement, on est beaucoup plus sereins que lors de la dernière annonce, alors que c’était il y a à peine une semaine. La différence, c’est qu’on aurait dû faire tout ça en 24h à peine, et qu’on n’aurait pas eu de temps de réflexion avant.

On est un peu déçus et en même temps, on est rassurés, nos familles aussi, et d’autres possibilités s’offrent à nous pour l’après-confinement. On vous racontera prochainement si tout s’est déroulé comme prévu ! Nous nous raccrochons à l’idée que nous avons déjà pu vivre plein de belles aventures depuis un an !

Pour revenir à la situation actuelle, nous sommes heureux de savoir nos proches dans des situations à peu près confortables (ensemble, avec leurs besoins vitaux satisfaits), malgré certains évènements malheureux. On essaye de communiquer au maximum avec eux. Cela nous ferait plaisir que les personnes de passage sur ce blog nous laissent un petit mot 😊 car nous aussi on s’inquiète pour vous !

On pense bien sûr à tous ceux qui doivent continuer à travailler, pour les besoins de leur entreprise ou pour la société, et on les remercie de prendre soin de nous. On s’indigne de la situation dans les hôpitaux, de certaines situations d’isolement difficile, des dérives qui surgissent partout dans le monde. On espère que les démonstrations de solidarité surpassent celles d’intolérance, de racisme, d’ostracisation. Cette crise révèle beaucoup des maux de nos sociétés, et je vois ce temps de confinement, pour ceux pour qui c’est possible, comme une opportunité d’imaginer le futur différemment. J’espère qu’il sera l’occasion de construire quelque chose, et qu’une fois passé, nous n’oublierons pas et nous attellerons, individuellement et collectivement, à changer ce qui ne fonctionne pas, ou ne nous convient pas.

5 réflexions sur “20 jours de confinement et retour au bercail

  1. Hello !!! Tres content que vous avez pu avoir un vol de retour. Je crois que la situation va perdurer quelques semaines, voir plus. Ici ça va aussi, en plus j’ai la chance de plus bosser et ma foi, je supporte plutôt bien bobonne (et bobonne me supporte aussi) on en profite pour faire pein de chose qu’a l’ordinaire on remettrai au lendemain.

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    1. Salut les aventuriers votre Décision est sage devant une situation relativement incontrôlable et « dangereuse » la prudence est de mise.
      Bien entendu ce sera pour vous un crève cœur que d’interrompre votre si riche et beau périple , et pour nous de ne plus avoir chaque semaine le récit si formidable de vos pérégrinations…
      Mais devant l’adversité nul ne peut prendre des risques la vie et longue et vous aurez sans doute l’occasion de vivre d’autres aventures
      Revenez nous vous attendons, grosses bises Fred et Marie Christine

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  2. Coucou les aventuriers!!! Je suis très contente que vous soyez bien et en santé. Dans ma tête, nous la lève du confinement aura lieu vers mi-mai. Martin continue à travailler entre son bureau à Troyes (où il est plus isolé) et l’usine quand il est obligé. Quant à moi depuis un mois, j’ai trouvé un travail dans une association. Je gère les finances et l’administratif des personnes vulnérables et mise en protection par le juge, alors je continue à travailler à mis temps. Nous sommes confinés à mi-temps et on essaye au max de garder le sourire et s’occuper comme on peu…
    J’espère que vous pourrez rentrer en sécurité et qu’une fois toute cette situation passé, que nous puissions vous rencontrez pour partager une bonne Goudale fraîche… Grosse bise et courage pour le retour en France.

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  3. hello Sylvain et Sidonie , bon retour en France . votre blog m a fait voyager pendant toute cette année . et je vous remercie de votre generosité à nous faire partager vos peregrinations . une fois qu on est parti visiter le vaste monde, on y retourne toujours. bien à vous, Beatrice.

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  4. Coucou les jeunes, c’est une sage décision, l’essentiel, c’est que vous soyez sains et saufs, pas en butte à la psychose ambiante. Tristes pour votre aventure, mais ce n’est que partie remise ! Je ne doute pas de vos ressources… Nous, on fait avec, heureusement le soleil est avec nous ! Bises. Carmela

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