Confinement jour 16

Un jour, une rencontre, une photo

In English below the picture

SACHA, NATALIA et leurs enfants

Russie, août 2019.

Nous sommes en volontariat dans la famille de Rustam et Katya. De temps en temps, ils nous demandent des petits services pour leurs voisins (qui habitent dans le champ d’après, de l’autre côté de la rivière 😉), notamment Natalia, dont le compagnon, Sacha (Alexander), s’est absenté. Elle a 3 enfants en bas-âge et on l’aide à nourrir la jument qu’on leur a confiée en gardiennage. C’est comme ça qu’on entame la conversation avec Natalia, qui est très sympa et nous invite à passer quand Sacha sera revenu.

On croise ce dernier quelques jours plus tard, sur le chemin qui monte au village. Il était allé participer bénévolement à une compétition de kayak, à quelques heures de là, en stop. Original .. ça nous donne déjà une idée du personnage !

On est invités chez eux un après-midi, ils nous accueillent dans leur maison auto-construite, la première du village. , on voit qu’ils ont un peu plus de moyens (que Rustam et Katya) : les murs sont recouverts de crépi naturel, bien homogène, dans des tons chauds. Dehors, il y a un espace abrité avec le bois de chauffage, des chaises et une table en bois aussi, et une serre sur le côté avec un petit potager. A l’intérieur, on passe dans une entrée où de nombreuses paires de chaussures sont rangées. Il y a une seule grande pièce centrale et circulaire, avec un grand lit double superposé au centre, un plan de travail longe le mur sur un bon tiers, où se trouve manifestement la cuisine. Le reste du mur est occupé par plusieurs étagères, un bureau et le coin jeu des enfants.

On commence à discuter, et on découvre qu’ils ont pas mal voyagé. Sacha est écrivain et a plusieurs œuvres à son actif, dont un traduit en anglais qui décrit la construction et l’histoire de leur éco-village (« We are building an ecovillage », Alexander Ivanov, téléchargeable gratuitement sur internet) et on ne se souvient plus du boulot de Natalia 😊 mais je crois me rappeler qu’elle faisait l’école avec Katya dans le village. Ils habitent à l’année dans leur maison, mais prennent en général plusieurs mois par an pour voyager, en stop, avec leurs enfants.

Oui vous l’avez bien lu, « en stop avec leurs enfants » !  Parmi leurs périples, un été de stop en UE avec un enfant de moins d’un an et un autre de 2 ans environ. Et un voyage en Russie, jusqu’à l’extrême nord-est du pays, seulement accessible en hélicoptère. Croyez-le ou non, ils ont réussi. Ils ont attendu plusieurs semaines avant de trouver un hélicoptère faisant une livraison d’oignons ! Ils ont également réussi à faire de l’hydravion-stop pour le retour. Pourquoi pas ? Sacha a fait, entre autres, des expéditions en ski de rando dont l’équipement et la préparation feraient bondir d’effroi nos amis du CAF, mais dont il est ravi de nous montrer les photos…

Déjà baignés dans le contexte particulier de ce petit écovillage loin de tout, que ces quelques familles jeunes avec enfants s’efforcent de faire vivre, avec des projets, du volontariat, un festival l’été lié à un petit atelier de thé/infusion tenu par un villageois, des règles et principes, nous avons été marqués par cette famille qui réussit à faire découvrir le monde à ses enfants avec très peu de moyens, en comptant sur la générosité et en décidant de faire confiance à ceux qu’ils rencontrent. Cela ne veut pas dire que nous voulons faire pareil, ce qui n’est pas le cas par ailleurs, mais on a été impressionnés par leur volonté et surtout la capacité d’adaptation de leurs enfants. Après une telle discussion, on se dit que « tout est possible », qu’il suffit de le vouloir, et que les limites sont définitivement celles qu’on s’impose.

SACHA, NATALIA and their kids

Russia, August 2019.

We are volunteering at Rustam and Katya’s. From time to time, they ask us to help their neighbours (in the field at the other side of the river 😉), among which Natalia, whose partner is away for a few days. She has 3 little kids and need help to feed a mare they are taking care of. That’s how we meet Natalia, who’s really nice and offers us to come back when Sacha (Alexander) will be back.

We actually see him on the path leading to the village a few days later. He had been volunteering for a kayak competition, a few hours away – he hitch-hiked there. Not a common thing to do.. we’re starting to get to know the character !

They invite us one afternoon in their handbuilt house, the first one in the village. You can tell they have slightly more means than Rustam and Katya : the walls are covered by a smooth, naturally colored plaster. Outside is a space for the firewood, with a wooden table and chairs, and a greenhouse runs along one of the walls. Inside we pass through a narrow entrance hall with many shoepairs, to get into the single but vast, circled room. In the middle is a double bunkbed, and a work surface runs along about a third of the wall, that is the kitchen. On the rest of the wall are a few shelves, a desk, and the kids’ playing space.

We start chatting and understand that they have been travelling quite a bit. Sacha is a writer, he wrote a few book, among which one describing the construction and story of the ecovillage (« We are building an ecovillage », Alexander Ivanov, free download on internet). I don’t remember Natalia’s occupation, but I think she was in charge of the schooling in the village. They live in the village all year round, but they often travel for a few months, hitch-hiking, with their kids.

Yes, you read correctly, « hitch-hiking, with their kids » ! Among their adventures, they tell us about a summer of hitch-hiking with a baby in a sling and another one who was about 2 years old. Another one is the most northern-eastern part of Russia, only accessible by helicopter. Believe it or not, they managed to hitch-hike a helicopter ! They waited for a few weeks before they found a helicopter that was delivering onions ! They hitch-hiked a seaplane on the way back. Why not ? Sacha also shows us mountain skiing expeditions, with a gear and preparation that would horrify our friends from the French Alpine Club…

We had already been in this peculiar ecovillage for a few days, far from everything, that these young families with young kids try to make work, with projects, volunteers, a summer festival, a tea workshop, rules and principles, so we weren’t surprised, but this family’s stories really marked us. They discover the world with their kids with very little means, counting on generosity and trusting people they meet. It doesn’t mean we will do the same, actually we probably won’t, but we were impressed by their will and especially their kids’ sense of adaptation. After such a discussion, we thought that « everything is possible », if we really want it, and our limits are the ones we give ourselves.

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